Mauritanie : Les responsables sanitaires plus prodigues envers leur personne que leur profession

jeu, 06/29/2017 - 20:46

Les hôpitaux et les centres de santé opèrent, partout en Mauritanie, en deçà de leurs capacités et de leurs potentielles performances.

Ayant fait du secteur de la santé, une priorité dans son projet de société au cours de ces dernières années, Son Excellence le Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz y a  investi des sommes considérables, qui permettent à ces structures hospitalières d’être compétitives et d’être au diapason de leurs consœurs dans les pays de la sous-région.

Mais l’avidité de certains responsables des hôpitaux, leur manque de souci de l’opérationnalité et de la qualité des équipements et du personnel, ont fini par avoir raison de cette volonté étatique d’aller en avant.

En effet et en raison de l’absence d’un contrôle efficace, des sommes importantes partent chaque année dans les poches de certains directeurs qui prennent par cette conduite, à la légère, les engagements du Chef de l’Etat, relatifs à la lutte contre la corruption et la gabegie.

En effet, cette situation n’est malheureusement pas circonscrite au seul secteur de la santé, mais bien au contraire, touche les autres secteurs, comme cela a été dernièrement avec le scandale de la Sonimex, portant des milliards Ouguiyas.

Le pire dans ce tableau est de se retrouver avec des responsables inamovibles, malgré leur gestion catastrophique de leurs établissements ; alors que les contreperformances devaient justifier le blâme de ces directeurs impunis.

Certes, la solution n’est pas dans des sit-in ou des préavis de grève_ les blouses blanches et l’opinion publique ont pour leur part une grande responsabilité dans ce sombre tableau, dès lors où ils préfèrent garder le silence devant ces abus au lieu de les dénoncer et exiger le limogeage de leurs responsables sur la base de contrôles compromettants menés par les services compétents de l’Etat dont l’IGE et la police chargée des crimes économiques.

Plus grave encore, est cette mentalité rétrograde des mauritaniens, pour lesquels, un poste public n’est important, que sur la base des propensions de détournement qu’il offre à son titulaire.

Un avis encore plus complexe de la politique est celui, qui tout en affirmant la prise de conscience des Pouvoirs Publics, en premier du Chef de l’Etat de la gabegie qui ronge le sérail, motive l’indifférence du système devant ces excès, par la nécessité d’entretenir une fidélité politique des troupes.

 

Ahmed Ould Bettar

rapideinfo.biz