3ème Forum sur le BTP et l’expérience des «Chantiers-Ecoles »

mer, 01/24/2018 - 11:19

Promouvoir l’employabilité des jeunes, combattre le chômage, l’insécurité et la migration, figurent parmi les objectifs saillants du Fonds fiduciaire pour l’Afrique financé par l’Union Européenne. Le 3ème Forum sur le BTP organisé mardi 23 janvier 2018 à Nouakchott par le Bureau International du Travail (BIT) cadre avec ces objectifs. Il a été consacré aux modèles d’expérience formation-insertion type «Chantier-Ecole». Les Treize communications animées durant la journée ont tourné autour de cette problématique.

«Les différents programmes d’intervention de l’Union européenneen Mauritanie permettent une synergie entre divers partenaires publics et privés, afin de mettre en place rapidement des formations professionnelles concrètes, grâce à la méthodologie de chantier école débouchant sur des emplois durables…».  Ce passage du discours de SEM Giacomo Durazzo, Chef de la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie, lu au cours de la cérémonie officielleparM.Hans Christian Beaumond, Chef de la Coopération, vient rappeler que «la création d’emploi décent, en particulier pour les jeunes, est une priorité » aussi bien pour son institution que pour la Mauritanie. Le secteur Bâtiment-Travaux Publics (BTP)offre dans ce cadre, selon les différents intervenants, des opportunités d’emploi et d’auto-emploi pour les milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le modèle chantier-école permet dans ce cadre de fournir une réponse efficiente aux besoins de formations pratiques et de qualifications professionnelles conformément aux besoins d’un marché en pleine expansion.

Les participants, dont plusieurs acteurs de l’emploi et des délégués venus du Sénégal, du Burundi et de la Tunisie notamment, ont ainsi suivi au cours de la journée du 23 janvier 2018 consacrée au 3ème Forum sur leBTP, treize communications sur les expériences mauritaniennes et régionales en matière de formation et de gestion territoriale.

 

Capitalisation des «Chantiers-école de construction routière »

Il a été surtout question de l’utilisation des matériaux locaux (terre, paille, pierre, etc) et de la revalorisation des modèles ancestraux de construction qui fondent le modèle développé par le Projet PECOBAT(Amélioration de l’employabilité des jeunes et des capacités des PME par le développement du sous-secteur du BTP en matériaux locaux et de la formation professionnalisante dans les chantiers écoles construction). Ce projet, qui est le premier à être financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique créé en 2015, s’inspire du modèle des Chantier-école d’entretien routier qui viennent de s’achever. La capitalisation de ce projet innovant a profité à environ 400 jeunes dans les domaines de la topographie, de la conduite d’engins et de maçonnerie, entre autres. L’occasion pour M.HousseinouKassougué, Coordinateur du Projet Chantier-Ecole du BIT Mauritanie, de rappeler le contexte dans lequel cette expérience a été conduite, citant la volonté du BIT d’accompagner la réforme du secteur des transports, le développement d’une offre de formation destinée aux jeunes déscolarisée ou de niveau post-primaire, la tendance vers une meilleure qualité de formation axée durablement dans le dispositif national en matière de formation technico-professionnelle dans le secteur du BTP.

 

L’expérience du PECOBAT

M.Sidi Mohamed Ould Cheikh, Coordinateur du projet PECOBAT-BIT Mauritanie a développé le concept éco-construction qui est au cœur de la philosophie de ce projet axé sur l’utilisation de matériaux locaux et la revalorisation des constructions de type ancestrale qui ont, selon lui, prouvé leur adaptabilité au milieu, citant parmi les techniques utilisées le pisé, la bauge, l’adobe, la brique de terre compressée, le torchis, la terre-paille pour les joints et les enduis. Ce projet créé par le BIT et financé par l’Union européenne sur le 11ème FEDvise, dira-t-il en substance, à construire un type d’habitat respectant l’environnement. Il a mis en exergue les potentialités de formation offertes dans ce domaine, ainsi que ses retombées en matière d’employabilité des jeunes et de renforcement des compétences des entreprises. Le projet PECOBAT s’aligne surtout, dira-t-il en substance, sur les documents stratégiques de la Mauritanie en matière de travail décent et sur la Stratégie nationale de l’Emploi de 2012 ainsi que sur les objectifs de la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) 2016-2030.

 

La formation et partout la formation

Plusieurs autres communications ont été présentées, comme l’expérience du Sénégal en matière de formation professionnelle dans le domaine du BTP, avec l’intervention de M.Cyril Oscar Badji, Coordinateur technique au Centre de formationde la nouvelle cité émergente de Djamniadio. Egalement, l’expérience des chantiers-écoles en HIMO au Burundi et les impacts socioéconomiques des programmes d’infrastructures et de renforcement des capacités,  présenté par M.Olivier Chanoine. La Valorisation des acquis d’expérience (VAE) qui permettent de certifier des compétences acquises sur le tas a également fait l’objet d’une présentation faite par M.MBayeSarr, spécialiste formation professionnelle et secteur privé au Sénégal.
A son tour, M.Mohamed Benothaman, expert en développement économique local au sein du BIT-Tunisie a livré l’expérience de la Tunisie à travers le Projet AZD initié dans cinq gouvernorats et 33 sites sur la base du modèle participatifDEL.
Les participants ont même eu droit à des exposés techniques sur les outils de diagnostic de développement économique et social comme modèle de gestion des infrastructures en lien avec le territoire ainsi que l’analyse territoriale, avec l’appui d’images satellites, d’images-photos et d’inter-réactivité avec les acteurs locaux, pour déterminer les besoins immédiats des populations et leur projection dans l’avenir. Ces exercices ont été livrées par M.José Manuel BaldoMengal, expert en diagnostic territorial et Mme.Simon Nancy de «Entreprise d’en Haut».

A rappeler que les travaux du 3ème Forum sur le BTP qui se sont déroulés dans les locaux de l’Institut Universitaire Professionnel (IUP) de Nouakchott, ont été ouverts par le Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, des Technologies de l’Information et de la Communication, M.Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, en présence de ses homologues de l’Education Nationale, M.Isselmou Ould Sidi El Moctar Ould Lehbibet de la Fonction Publique, Mme Coumba Bâ, mais aussi du Représentant résident du PNUD, SEM.Mario Samajaet du Point focal du BIT en Mauritanie, M.Frederico Barroeta. Après l’ouverture officielle, les ministres ont passé en revue quelques images-photos d’élèves en chantier puis se sont rendus sous la tente où plusieurs élèves issus des dernières promotions lui ont montré leur C.V. L’opportunité était en effet offerte à ces jeunes tous frais qualifiés de rencontrer les professionnels du BTP pour d’éventuelles embauches.

Cheikh Aïdara