
Lors du procès du mercredi 24 décembre 2014, au palais de Juste de Rosso, le juge a décliné devant la cour correctionnelle, les chefs d’accusation retenus contre Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’organisation IRA ainsi que les sanctions, qu’il encoure et qui pourraient se rapporter de 3 à 5 ans de prison. Il s’agit de : «Appartenance à une organisation non reconnue » « incitation à l’attroupement » « résistance à l’autorité publique, refus d’obtempérer aux forces de l'ordre.».
Répondants à ces accusations Biram a introduit que « La caravane était autorisée par le Ministère de l’Intérieur et les participants étaient pacifiques et bien organisés. L’attroupement a été plutôt créé par les 160 éléments de la Police, de la Gendarmerie et de la Garde nationale qui ont assiégé puis chargé la caravane. ».
Concernant la question de l’incitation à l’attroupement, Mr. Biram a indiqué que « des gens se regroupent et tiennent des sit-in tous les jours devant le palais présidentiel à Nouakchott sans qu’on ne leur colle ce genre d’accusation. »
Quand à la « résistance à l’autorité publique et aux forces de l’ordre », le Président de l’IRA a répondu par des séries de questions. « Est-ce que j’ai agressé un élément des forces de l’ordre ? Est-ce que j’ai tiré la chemise d’un policier ou d’un gendarme ? Montrez-moi une pierre que je leur aurais jetée ou un bâton avec lequel je les aurais frappées ? » Dira-t-il
Ould DAh a ajouté que « Il faut plutôt dire que les forces de l’ordre ont ciblé les Harratins. Pourquoi ont-elles arrêté seulement les Harratins membres d’IRA. Pourquoi ont-elles laissé partir les Peul et les Wolof qui participaient eux aussi à la caravane? Nous sommes en fait devant un régime perplexe de Ould Abdel Aziz qui s’en prend à une communauté particulière. Nos oreilles dans l’armée et dans les forces de sécurité m’ont déjà informé que Ould Abdel Aziz et son directeur général de la Sûreté, [le général Mohamed] Ould Megett considèrent que les Harratins constituent une menace qu’il faut parer en ciblant Biram et les leaders Harratins autour de lui. »
A propos de l’appartenance à une organisation non reconnue, Mr Biram a indiqué que « L’arrestation, la détention des membres d’IRA et ces accusations portées contre nous ne s’expliquent que par le racisme. Notre organisation est bien reconnue parce que nous avons déposé une demande d’autorisation suivant les procédures légales et aucune notification de rejet ne nous a été adressée à ce jour ».
Par ailleurs, le juge a également demandé au président de l’IRA de définir l’esclavage foncier ce à quoi Biram a répondu que « L’esclavage foncier désigne ces Maures et ces Soninkés qui exploitent de pauvres esclaves dans des terres agricoles. Les esclaves peinent à cultiver les champs et quand arrive l’heure de la récolte le maître récupère tout et laisse peu à ces pauvres ».
Source : Alakhbar.info