Madame Aminata Niang participe à la Rencontre des femmes parlementaire d’Afrique et des iles canaries en Espagne.

jeu, 06/02/2016 - 19:16

La députée du parti  Tawassoul, Madame Aminata Niang a participé du 16 au 18 mais 2016, à la 1ère  rencontre   des femmes parlementaires d’Afrique et des iles canaries en Espagne, organisé par le Parlement des Canaries en collaboration avec la Fondation Mujeres por África.

Au cours de cette rencontre tenu AU GRAND CANARI LAS PALMAS, Madame la députée  a présenté  devant les participants le thème suivant : « LE ROLE DES PARLEMENTAIRES, DANS LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ».

Soulignons que Madame Aminata Niang, en plus de son poste de députée à l’Assemblée Nationale de la Mauritanie est juriste environnementaliste de formation. Elle est aujourd’hui, Vice présidente du Caucus des femmes au Parlement Panafricain.

Nous partageons avec nos lectures le contenu  de son intervention, durant cette rencontre de Trois jours. Bonne lecture.

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1ère  rencontre   des femmes parlementaires d’Afrique et des iles canaries en Espagne

 

GRAND CANARIS LASPALMAS, du 16 au 18 mais 2016.

Thème : «LE ROLE DES PARLEMENTAIRES, dans la lutte contre les CHANGEMENTS CLIMATIQUES ».

Par : HON. Aminata Niang, (juriste environnementaliste, députée à l’Assemblée Nationale de la Mauritanie et Vice présidente du Caucus des femmes au Parlement Panafricain)

 

 

Introduction

Les changements climatiques et leurs impacts négatifs constituent une menace très grave pour le  monde entier. Il faut souligner cependant que l’Afrique est  le continent le plus exposé et le vulnérable aux effets néfastes de ces changements climatiques compte tenu de l’accélération de la croissance démographique d’une part et l’augmentation de la pauvreté d’autre part. Pourtant, notre continent n’est responsable que d’une infime partie des émissions de gaz à effet de serre. En effet, L’Afrique ne produit que 4% des émissions de gaz à effet de serre alors qu’elle représente 22,6% de la superficie mondiale et 16% de la population mondiale. Ailleurs dans le monde, la Chine produit à elle seule 27% de CO2 suivie des Etats Unis 14%, de l’Europe Occidentale 10%, de l’Inde 5,6%, de la Russie 5% et du Japon 3,6% soit au totale 65% des émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est ni juste ni équitable que l’Afrique qui pollue le moins soit le continent qui souffre le plus de cette pollution.

Que faut – il donc faire pour rectifier cette situation dramatique ?

Cette question interpelle tous les acteurs de la société : les décideurs, la société, les parlementaires…

 

1. Le rôle des parlementaires africains dans la prise en charge des questions environnementales

En tant que législateurs, les parlementaires ont un rôle déterminant à jouer dans la promotion d’un développement durable et d’une gouvernance environnementale. En effet, ils sont, chargés de l’examen, de l’approbation et du suivi de l’application des législations et des politiques gouvernementales. Ce faisant, ils peuvent contribuer à améliorer la gouvernance environnementale en intégrant les questions relatives à l’environnement dans les politiques, les plans et les budgets. Ils  peuvent également appuyer la mise en œuvres des politiques et programmes environnementales par le suivi et le contrôle de l’action du gouvernement :

  • Ils peuvent demander aux départements ministériels de soumettre des rapports sur la mise en œuvre des programmes.
  • Ils peuvent effectuer un examen des dépenses pour déterminer l’utilisation des fonds concernant l’environnement.
  • Ils peuvent également demander l’accès à l’information pour leur permettre de faire suivi des progrès réalisés.

D’un autre côté, en tant que représentants des populations les parlementaires ont un rôle prépondérant à jouer dans l’information et la sensibilisation des populations par rapport à la relation étroite qu’il ya entre la protection de l’environnement et la réduction de la pauvreté. Ils doivent également veiller à la mise en place de programmes de développement destinés à résoudre les problèmes de  désertification et d’insécurité alimentaire  qui constituent une  menace pour beaucoup d’Etats en Afrique.

Au niveau international, les parlementaires peuvent contribuer à réformer les politiques en encourageant les investissements en faveur de l’environnement au profit des pays en voie de développement pour permettre de réduire la pauvreté et promouvoir le développement durable.

Les parlementaires africains, ayant compris les responsabilités oh combien importantes qu’ils ont vis-à-vis de la protection de l’environnement et de la réalisation du développement durable, ont décidé de prendre le taureau par les cornes afin favoriser une prise en compte plus sérieuse des questions environnementales dans les programmes nationales.

 

2. Les actions menées par les parlementaires africains dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques

Le continent africain fait face à deux défis majeurs : le défi la croissance démographique rapide et le défi des changements climatiques. Or, la communauté internationale est d’accord aujourd’hui que la réalisation des ODD passe nécessairement par la prise en compte de la question des changements climatiques. D’où l’enjeu crucial pour l’Afrique, des prochaines négociations de Paris sur le climat. Les Etats africains doivent se mobiliser et parler d’une même voix lors de la COP21 de Paris pour parvenir à un accord qui permettra au continent de sortir du gouffre. Pour réussir cette mission, il est impératif que tous les acteurs concernés soient impliqués.

Les parlementaires africains, conscients de l’importance de l’enjeu, se sont mobilisés pour contribuer de manière efficace et effective à l’atteinte de cet objectif noble. Ainsi  beaucoup de rencontrent ont été organisées dans tout le continent et au niveau international  pour discuter des questions environnementales en général et de la question des changements climatiques en particulier. Ces activités ont aboutis à l’élaboration de déclarations très importantes qui définissent la position des parlementaires par rapport à la question des changements climatiques et tous les autres problèmes environnementaux qui touchent le continent . A titre illustratif nous citerons :

  • La déclaration d’Entebbe sur les AME, faite à l’issue du colloque organisé en juin 2012 à Entebbe en Ouganda et qui était destiné à sensibiliser les parlementaires africains sur l’importance que revêt l’intégration des AME dans les plans et politiques de développement ainsi qu’à leur rôle dans l’élaboration de ces AME. Au terme de ce colloque les parlementaires ont fait une déclaration dans laquelle ils se sont engagés entre autres à faciliter l’intégration des AME dans la gouvernance nationale, les plans, les processus et les stratégies de développement.
  •  La déclaration de Libreville sur la position commune parlementaires panafricains et société civile pour la COP 21 faite à Libreville, le 22 juillet 2015, lors du forum régional sur la position commune société civile et parlementaires sur la COP 21.
  • La déclaration des présidents des parlements africains pour la COP 21 faite en Aout 2015 lors de la conférence des présidents d’assemblées et des sénats d’Afrique organisée à Midrand en Afrique du Sud.
  • La déclaration d’Ankara sur le rôle des parlementaires dans les efforts combat contre la désertification dans le contexte de renforcement de la résilience aux changements climatiques. Cette déclaration a été faite à Ankara en octobre 2015 lors de la 11ème table ronde des parlementaires sur la convention de lutte contre la désertification et en préparation du COP 21.

Ces déclarations sont une illustration claire de la détermination et de nos parlementaires à s’engager dans la dynamique africaine de combat contre les changements climatiques et leurs effets néfastes sur le continent Africain et le monde entier.

Quelles sont les efforts du PAP dans la lutte contre les changements climatiques ?

 

3. actions menées par le  PAP dans la lutte contre les changements climatiques Les

La question des changements climatiques est au centre des débats au sein du parlement panafricain dont souhait profond est que l’accord sur le climat qui va découler des négociations de la COP 21 de Paris, soit juste et équitable afin de pouvoir sortir l’Afrique de la pauvreté constante. C’est dans cette perspective que le PAP a décidé de prendre le leadership pour sensibiliser les parlementaires africains sur l’importance de l’enjeu de la COP 21. Ainsi, en Aout 2015, le PAP invite tous les présidents des assemblées et des sénats d’Afriques à Midrand pour discuter entre autre de la question cruciale des changements climatiques afin d’avoir une vision commune qui permettra aux parlementaires africains de participer de manière efficace et effective aux négociations de la CPO21. Au cours de cette réunion les parlementaires ont mis l’accent sur la nécessité de s’unir et de parler d’une même voix afin de défendre les intérêts du continent africain. Ils ont appelé à une action rapide et efficace qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en respectant le principe des responsabilités communes mais différenciées.  Enfin, ils ont fait une déclaration dans laquelle ils se sont engagés entre autres à aider leurs gouvernements respectifs à mettre en œuvre les accords présents et futurs sur les changements climatiques.

En octobre 2015, le PAP a fait une recommandation pour l’approbation du projet d’énergie pour tous en Afrique. Le PAP a demandé également à son président de faire un plaidoyer auprès de toutes les autorités nationales et internationales en vue d’obtenir un accord concret, immédiatement opérationnel, pouvant permettre à l’agence africaine de l’électrification du continent de disposer dès 2016 des subventions indispensables au titre de l’atténuation et de l’adaptation. 

 Le PAP a également décidé soutenir la proposition du groupe des négociateurs africains visant la mise sur pied d’un cadre de référence sur l’équité qui permettra d’aborder et d’opérationnaliser les problèmes d’équité dans l’accord de Paris.

Enfin, pour une participation effective dans les négociations le PAP a composé une importante délégation pour participer aux négociations et a désigné certains membres de sa commission économie rurale agriculture, environnement et ressources naturelles pour être  intégrés dans les délégations nationales de leurs Etats afin de renforcer la délégation de l’union africaine et la position africaine.

 

Conclusion

Les parlementaires africains ont un grand rôle à jouer et un défi à relever dans le combat contre les changements climatiques. En effet ils doivent appuyer et soutenir leurs gouvernements dans les prochaines négociations afin que l’Afrique puisse obtenir un accord contraignant qui obligera les pays industrialisés à réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre. Ils doivent également insister pour que les pays industrialisés contribuent au fonds vert pour financer les programmes d’adaptation et d’atténuation. Ils doivent enfin , réussir à unir l’Afrique pour obtenir un accord qui permettra à notre continent, d’ouvrir une nouvelle page, de passer des mots à l’action pour   pouvoir atteindre les ODD .

 

HON. Aminata Niang,

 (juriste environnementaliste, députée à l’Assemblée Nationale de la Mauritanie

et Vice présidente du Caucus des femmes au Parlement Panafricain)