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Le ministre de l’intérieur, M. Mohamed O. Boïlil, accompagné des principaux responsables de son département, a effectué mardi une visite d’information et de prise de contact avec les populations du Brakna sud.
Arrivé à 11 heures au carrefour de Regba qui mène vers Dar El Barka, le ministre et son staff, placés sous une escorte d’éléments de la garde nationale, ont été accueillis par MM. Aboubécrine O. Khourou, Ahmedna O. Mohamed Lemine et Ahmed Ould Mohamed Mahmoud, respectivement Wali du Brakna, Hakem de Boghé et Chef d’arrondissement de Dar El Barka ainsi que par les autorités sécuritaires de la Wilaya.
Aussitôt après son arrivée, le ministre a procédé à l’inauguration du poste transfrontalier de Wouro Ali Guélel (commune de Dar El Barka) avant de s’arrêter au site de rapatriés de Dar Es-Salam Wodabé. Ensuite, il s’est rendu au Centre d’accueil de l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés pour s’enquérir des conditions de travail et des problèmes qui se posent.
Enfin, M. Boïlil a présidé une réunion dans la salle de conférences de l’Hôtel de ville, avec les élus locaux, les notables et leaders d’opinions.
A chaque étape, le ministre de l’intérieur (qui connait bien ce terroir pour y avoir occupé la fonction de Hakem au milieu des années 90) a assuré que « l’Etat garantit la sécurité à tous les citoyens sans distinction ainsi que la liberté de presse et d’opinion ». « Nos prisons ne comptent aucun détenu politique mais plutôt des personnes qui ont porté atteinte à notre sécurité en perpétrant des actes terroristes ou en s’attaquant à des commissariats !», a-t-il rappelé.
Abordant, le processus d’enrôlement des citoyens qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive, le ministre a d’abord indiqué « qu’il s’agit d’un projet de 19 millions d’euros destiné à sécuriser nos pièces d’état-civil contre toutes les formes de falsification » avant d’assurer que « tous les mauritaniens sans discrimination de race, d’ethnie, de région ou de département seront enrôlés car notre pays est fière de sa diversité ethnique ».
Il a en outre expliqué que « cette opération qui introduit un nouveau système d’enregistrement biométrique devra prendre tout le temps nécessaire et concernera même les étrangers qui vivent sur notre sol ».
S’adressant aux membres de la commission départementale du CAC, le ministre déclare : « Vous n’avez pas été choisis en fonction de vos appartenances politiques mais plutôt pour votre probité morale et votre parfaite connaissance du terroir. Vous étés investis d’une lourde responsabilité, celle d’identifier les candidats à l’enrôlement sans leur poser des questions humiliantes et dégradantes. Vous et moi en tant que ministre de l’intérieur, nous n’avons pas la prérogative de déchoir un citoyen de sa nationalité ».
Quant aux candidats à l’enrôlement qui n’ont pu se faire enregistrer parce que ne remplissant pas les conditions exigées par cette première phase, Ould Boïlil leur rassure « qu’une commission nationale statuera sur tous les cas litigieux ».
Avant de clore ce chapitre, le premier responsable du département de l’intérieur, n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur « les pêcheurs en eau trouble, les démagogues et les ennemis de la Nation qui sèment la confusion dans les esprits en tentant de détourner cette opération de sa mission apolitique et purement régalienne ».
Quant aux rapatriés, M. Boïlil qui est accompagné au cours de sa mission du DG de l’ANAIR, leur a rappelé « qu’ils sont revenus dans leur patrie et doivent se considérer comme des citoyens à part entière avec les mêmes droits et devoirs reconnus aux autres ». Ils seront enrôlés plus facilement que les autres parce que certaines données biométriques les concernant ont été déjà enregistrées durant le processus de rapatriement, explique-t-il.
Prenant la parole à son tour au nom des populations de sa commune, le maire Bâ Adama Moussa, a d’abord souhaité la bienvenue au ministre dans cette ville « où il a laissé de bons souvenirs » avant de saluer « la nouvelle approche des plus hautes autorités du pays qui consiste à aller à la rencontre des populations en vue de rapprocher les gouvernants des gouvernés ».
Ensuite, il a répertorié les problèmes auxquels font face les populations de sa commune notamment dans les domaines du foncier et de l’état-civil.
« L’expropriation à grande échelle de terrains à usage agricole appartenant aux populations autochtones du département ont exacerbé les conflits intercommunautaires, accru les conflits entre agriculteurs et éleveurs, rétréci les espaces agropastoraux et les zones d’habitation, aggravant du coup la pauvreté en milieu rural, contraignant ainsi plusieurs cultivateurs à l’exode vers les grands centres urbains », a-t-il martelé devant son ministre de tutelle.
Poursuivant son plaidoyer, l’édile a évoqué également le cas des rapatriés du Sénégal « qui peinent à reconquérir leurs terres spoliées après la déportation qui pourtant font l’objet d’un arrêté du ministère de l’intérieur et de la décentralisation datant du premier semestre 2009 ».
Concernant le projet d’attribution de 40 hectares dans le département de Boghé au profit des promoteurs saoudiens, le maire a indiqué « qu’il ne rencontre pas l’adhésion des populations autochtones à vocation agro-pastorale qui vivent dans la zone ciblée qui n’ont pas été consultées sur les intentions de l’Etat ».
Abordant l’épineuse question de l’enrôlement des citoyens dans les registres des populations lancée au mois de Mai dernier par le chef de l’Etat, le maire a d’abord déploré « le manque de sensibilisation et de communication autour de l’opération ainsi que les tracasseries et blocages dressées devant les candidats à l’enregistrement » avant de noter « les évolutions notables observées depuis trois semaines dans le déroulement du recensement au niveau du CAC de Boghé ».
Avant de terminer, M. Bâ s’est félicité de l’aide qu’apporte l’Etat à sa municipalité et du soutien de ses structures déconcentrées tout en soulignant « le retard enregistré chaque année dans la mise en place du Fonds régional de développement (FRD) ainsi que les reports de crédit de la composante équipement et le non-paiement des patentes par les établissements industriels à caractère commercial comme la SOMELEC, MAURITEL MOBILE, la SONIMEX, la MAURIPOST entre autres ».
Cette sortie du ministre de l’intérieur dans ce département où le Mouvement « Touche pas à ma nationalité » a organisé deux sit-in devant le CAC pour protester contre les conditions d’enrôlement des citoyens noirs particulièrement, est destinée à apaiser la tension et à calmer les esprits. L’opacité dans laquelle l’opération avait commencé avait semé le doute dans les esprits et entraîné des supputations de toutes sortes sur « une volonté manifeste de déchoir les citoyens négro-africains de leur nationalité ».
D’amont en aval le ministre a tenu à démentir « ces allégations » en inscrivant ce projet dans le cadre « de la volonté des pouvoirs publics d’assainir notre état-civil qui a fait l’objet durant de longues années, de toutes les formes de falsification et de trafic ».
Après l’étape de Boghé, le ministre et sa délégation se sont rendus à Bababé pour une mission similaire. Après le Gorgol et les régions de l’est, il visitera les mouqata’a d’Aleg et de Maghta Lahjar où il est attendu de pieds fermes.
Dia Abdoulaye
Cp. Brakna
Professeur, correspondant de Nouakchott Info au Brakna
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source : CRIDEM |