L'ESSENTIEL
• La situation reste sous tension en Egypte au lendemain d'une journée sanglante, après la dispersion des manifestations pro-Morsi.
• Mercredi matin, les policiers ont pénétré sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda, où des milliers d’islamistes étaient barricadés depuis un mois et demi avec femmes et enfants pour réclamer le retour de du président destitué et arrêté par l’armée le 3 juillet.
• L’opération, très violente, a fait au moins 421 morts civils et 43 chez les policiers selon un bilan établi jeudi matin. Un caméraman de la chaîne Sky News a été tué. Le bilan sera sans doute plus lourd.
• Les affrontements entre pro et anti-Morsi ont déjà fait plus de 250 morts depuis fin juin, essentiellement des manifestants islamistes. Le vice-président Mohamed ElBaradei a démissionné.
12 heures. Les Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi, ont appelé jeudi leurs partisans à manifester au Caire, au lendemain de la dispersion sanglante de leurs rassemblements par les forces de l’ordre.
11h40. L'ambassadeur d'Egypte à Berlin a également été convoqué. «A la demande du ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle (en voyage en Tunisie, ndlr) la position du gouvernement allemand a été signifiée en toute clarté à l’ambassadeur égyptien», a indiqué à l’AFP une porte-parole. Mercredi avant son départ pour Tunis Guido Westerwelle avait appelé «toutes les forces politiques» en Egypte «à empêcher une escalade de la violence».
11h25. Le président François Hollande a appelé jeudi à tout mettre «en oeuvre pour éviter la guerre civile» en Egypte. Dans un communiqué, l’Elysée rappelle que le président français a «convoqué l’ambassadeur d’Egypte pour qu’il transmette à ses autorités la très grande préoccupation de la France face aux événements tragiques intervenus dans son pays».
Le Président a «condamné avec la plus grande fermeté les violences sanglantes intervenues en Egypte et demandé un arrêt immédiat de la répression. Le droit de manifester pacifiquement doit être respecté,poursuit le communiqué. Ce droit a, bien sûr, comme contrepartie le devoir des manifestants de se comporter de manière pacifique.» François Hollande a par ailleurs souligné que «l’état d’urgence devait être levé rapidement». La France «souhaite que des élections soient organisées dans les meilleurs délais» conclut le communiqué.
11 heures. Le bilan s'alourdit de nouveau : le gouvernement évoque désormais 464 morts dont 421 civils. 3572 blessés ont également été recensés dans tout le pays, selon ces chiffres fournis par le ministère de la Santé. Selon ce bilan, près de 200 personnes ont péri sur les seules places Rabaa al-Adawiya et Nahda du Caire.
Des corps installés dans une morgue de fortune, au Caire, jeudi. (AFP)
10h45. L’Egypte a fermé mercredi son point de passage avec la bande de Gaza pour une durée indéterminée, annonce un responsable de la sécurité. Des centaines de travailleurs palestiniens traversent chaque jour le point de passage de Rafah, dans la péninsule du Sinaï, dans les deux sens.
10h30. Selon un nouveau bilan officiel, la dispersion sanglante des camps de manifestants au Caire et les violences à travers l’Egypte ont fait mercredi au moins 370 morts. Le ministère de la Santé a fait état de 327 civils tués à travers le pays -dont 134 dans la dispersion des deux sit-in pro-Morsi au Caire-, tandis que le ministère de l’Intérieur a fait état de la mort de 43 policiers. Il s’agit de la journée la plus meurtrière de l’histoire récente de l’Egypte.
Ce bilan pourrait cependant être plus élevé car sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement des manifestants réclamant le retour du président islamiste déposé le 3 juillet par l’armée, un journaliste de l’AFP a dénombré 124 cadavres d’hommes tués pour la plupart par balles. Le ministère de la Santé y a recensé 113 morts, ainsi que 21 à Al-Nahda, l’autre place occupée depuis un mois et demi par les pro-Morsi.
10 h 15. En France, la présidence de la République fait savoir que l’ambassadeur d’Egypte à Paris a été convoqué à 10 heures à l’Elysée.
9h30. Un premier bilan de la journée annonce au moins 343 morts pour la journée de mecredi, dont 300 civils.
9h15. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à se réunir «rapidement» pour «discuter de la situation en Egypte»,a-t-il dit devant la presse à Ankara, estimant que tous les pays membres du Conseil devraient donner leur feu vert à une telle réunion. Il dénonce un «très grave massacre visant le peuple égyptien qui ne faisait que manifester dans la paix» et critique l'«hypocrisie» de la communauté internationale.
8 heures. L’Egypte se prépare à une nouvelle journée sous haute tension au lendemain de la dispersion sanglante au Caire des manifestations réclamant le retour du président islamiste Mohamed Morsi. Aucun incident majeur n’avait été signalé jeudi à l’aube dans le pays, où le calme était revenu en fin de soirée moins d’une heure après l’entrée en vigueur d’un couvre-feu, selon des responsables de sécurité joints par l’AFP. A l’issue d’une journée de heurts meurtriers, les autorités avaient décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans la moitié des provinces, dont celles du Caire et d’Alexandrie (nord).
Ce calme pourrait toutefois n’être que temporaire, la tension restant à son comble dans le pays où les islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations tandis que les forces de l’ordre prévenaient qu’elles n’accepteraient aucun nouveau sit-in, après avoir pris le contrôle des deux places du Caire où des pro-Morsi campaient depuis un mois et demi.
Source:http://www.liberation.fr
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