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Cessons de nous quereller autour des élections qui, même si elles sont libres justes et transparentes, ne constitue pas une garantie s sérieuse pour une sortie durable de la crise actuelle.
Je rappelle d’abord que je suis fort étonné par la position de la classe politique vis-à-vis de mes propositions de solutions pour une sortie durable de la crise politique que connaît notre pays depuis des décennies.
En 1970-1971 j’avais proposé pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la politique du dialogue comme moyen de sortie de la grave crise que connaissait notre pays. A l’époque, je semblais prêcher dans le désert. Certains ne m’avaient pas cru. Et pourtant l’histoire m’a donné raison, puisque quarante ans après, on revient encore sur la politique du dialogue, mais un Dialogue mal compris et mal appliqué et qui a donc fatalement et largement échoué.
En 1997, les Nations Unies m’avaient envoyé à Bangui comme Consultant International pour proposer des solutions de sortie de crises en République Centre Africaine. Mes propositions ont été acceptées par cette Organisation. LaRépublique Centre Africaine ne les avait pas appliquées et elle est retombée dans une longue période de crise.
Aujourd’hui, mon pays est en crise politique. Je lui propose des solutions de sortie de crise et l’on ne veut même pas prendre soin de les étudier. J’en suis fort étonné, attristé et inquiet pour mon pays. Que l’on prenne au moins le soin d’étudier ces propositions.
Qu’est ce que j’ai proposé depuis un an ?
Ce n’est pas par la politique des élections fussent- telles libres justes et transparentes, qu’un pays comme le nôtre, sortira durablement de la crise actuelle. Il faut supprimer ou banaliser les élections, le multipartisme, le vote, la bipolarisation et la dualité majorité opposition, autant de facteurs qui nous ont toujours divisé et déchiré. Je propose qu’on mette en œuvre les principes d’unité, de consensus, d’égalité de chances, de solidarité, pour briser ces facteurs et les empêcher de nous nuire afin de construire une Mauritanie de paix ; et surtout de paix durable.
Je rappelle schématiquement mes propositions :
1- Un chef d’Etat qui règne sans gouverner pour éviter des risques d’abus de pouvoir.
2- Un chef d’Etat choisi autant que possible par consensus, par une Instance nationale consensuelle et sans qu’il se porte candidat.
3- Un chef d’Etat dont le mandat est rotatif entre les régions : (application du principe de solidarité).
4- Un Premier Ministre choisi par consensus et par le Parlement National.
5- Des Ministres dont le choix doit être approuvé par consensus et par le Parlement National.
6- Des lois nationales qui doivent être consensuelles à propos de nos grands problèmes nationaux.
7- La gratuité du mandat parlementaire pour amoindrir les divisions liées aux élections législatives. Un parlementaire ne touchera que son salaire de fonctionnaire.
8- La gratuité du mandat de maire.
9- L’adoption de la règle générale selon laquelle : « à compétence égale salaire égal », que l’on occupe un poste politique ou technique.
10- Un partage plus équilibré du pouvoir législatif et exécutif par la création d’un pouvoir régional fort avec des parlements régionaux et des conseils exécutifs régionaux.
11- La diminution du pouvoir du Parlement national et du Gouvernement au profit de ces parlements et de ces conseils régionaux et la suppression du sénat dont les moyens doivent bénéficier au bon fonctionnement du pouvoir régional.
12- Un partage plus juste des richesses budgétaires entre nos régions.
13- Le choix nos Walis et Hakems par nos régions et départements et une forte diminution de leurs pouvoirs actuels.
14- La constitutionnalisation de toutes ces mesures dans une Charte consensuelle.
15- L’approbation de cette Charte par les Partis et Mouvements politiques et par la société civile.
16- L’approbation de cette Charte par référendum populaire.
17- La création d’un grand Parti Unifié chargé d’appliquer cette Charte et le maintien éventuel des partis spécifiques qui ne se reconnaîtraient pas dans ce Parti Unifié autour de la Charte.
18- La tenue sans délai d’un grand dialogue national chargé d’examiner les 17 propositions précédentes, dialogue auquel participeront les représentants des partis et mouvements politique et de la société civile.
Grâce aux 18 propositions, on va biser le fossé actuel entre majorité et opposition ; on va briser la politique de la dualité entre ces deux pôles ; on va apporter des solutions positives aux grands problèmes Nationaux qui nous on toujours divisés ; on va mettre fin à notre crise permanente et construire ainsi une Mauritanie de paix durable, donc une Mauritanie sans, ou avec peu de crises. En conséquence, cessons de nous quereller inutilement autour des Elections.
Préparons ce nouveau dialogue national et allons à l’essentiel. Décolonisons-nous idéologiquement culturellement et politiquement. Cessons d’imiter ce qui se passe ailleurs et qui est inadapté à nos réalités et à nos valeurs. Cessons de faire la politique pour nous enrichir. Pensons à notre spécificité. Réfléchissons mieux pour agir mieux.
Ba Mamadou Alassane
Nouakchott le 25 Aout 2013
Source : Parti pour la Liberté l’Egalité et la Justice via cridem.org |