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Basra se situe à une quinzaine de minutes de voiture du centre ville deNouakchott. C’est un des quartiers de la Moughataa de Sebkhaou cinquième arrondissement.
Basra, comme d’autres quartiers de Nouakchott, est une zone humide et salée du fait de la proximité de l’océan. A Basra, la SOMELEC n’a pas installé suffisamment de poteaux électriques; les câbles alimentant les ménages traînent le long des rues.
Basra abrite une forte concentration de teinturières qui, faute de système d’évacuation des eaux usées, déversent les déchets liquides à teneur chimique, polluées dans les rues. C’est sur ce terrain insalubre et dangereux que les premières pluies de l’hivernage sont tombées. Reportage.
Les eaux usées des teinturières sont déversées dans la rue ou finissent dans des fausses improvisées. « J’ai fait creuser une fosse pour y déverser les eaux, une fois la fosse remplie, je fais appel aux camions citernes qui viennent le vider au prix 20000 ouguiyas » dit AM, teinturière.
Mais depuis le début de l’hivernage, les camions, de crainte de s’embourber dans des ruelles gorgées d’eau, ne viennent guère à Basra. «Nous demandons l’aide de l’Etat dans les plus brefs délais, la situation ne fait que s’empirer depuis que ces derrières pluies se sont abattues sur la ville » ajoute la teinturière. Les deux dernières pluies à Nouakchott ont fortement perturbé l’activité de ces femmes.
Les eaux des teinturières
« Je suis consciente que les déchets liquides issues de la teinture polluent l’environnement et sont dangereux pour la santé, c’est pourquoi j’insiste encore sur l’apport des autorités compétentes », explique Aisseta Sall.
A Basra, comme dans beaucoup de zones salées et humides de la capitale mauritanienne, l’eau vient souvent du ciel et de la terre « avant la pluie, je creusais des fosses pour y déverser les eaux ménagères de la journée. Mais actuellement, il ya remontée des eaux, cela n’est plus alors possible, la plupart du temps je fais comme tout le monde» confesse une femme. Et, tout le monde, faute de solutions, déverse tout dans les rues.
Les fosses sceptiques qui débordent, les déchets des ménagères… Résultats : moustiques, insectes, mouches, rats…de véritables problèmes de santé avec, toujours dans ce quartier, des gamins dans les rues.
Mairie introuvable
La mauvaise humeur des habitants de Basra devient colère quand on leur parle de leur mairie. « Ces gens ne viennent nous voir que pour collecter des taxes » dit une teinturière.
Autre témoignage sur la défaillance de la commune de Sebkha : « j’étais à la mairie pour trouver un ticket d’autorisation de vidange de ma fosse sceptique depuis 8H00, en vain. Alors là, j’étais obligé de me passer de cette autorisation et prendre le risque de payer une contravention, je ne pouvais plus attendre car la fosse était devenue un danger pour moi-même et les nombreux jeunes qui viennent jouer ici au foot tous les soirs. »
Les câbles électriques dans l’eau
Autres cibles de la colère des habitants de Basra : la SOMELEC. Ses installations dans ce quartier sont incomplètes ; les poteaux électriques sont insuffisants ; Les câbles traînent par terre, et, depuis les pluies, dans l’eau. Les habitants rasent les murs pour ne pas être électrocutés.
A Basra comme dans d’autres quartiers de Nouakchott, la pluie n’est pas désirable. Dés qu’une goutte d’eau tombe, le quotidien de toutes ces populations tourne à la galère.
Mohamed Coulibaly (Stagiaire)
Source : Le Quotidien de Nouakchott
Via : http://cridem.org   |