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La capitale Nouakchott a connu des quantités importantes et inhabituelles de pluviométries cette année, occasionnant des dégâts impressionnants dans certains Moughataas périphériques comme Sebkha.
A cet effet les habitants de cette 5ème Moughataa rencontrent beaucoup de difficultés quotidiennes, causées par les eaux stagnantes. Un sentiment d’abonnement, qui se lue sur le visage des hommes et des femmes, qui se sentent abandonner à leur sort par les autorités. Reportage :
Des maisons inondées et des déménagements forcés
L’équipe de notre site Essirage.net est allée à la rencontre de quelques habitants victimes de cette calamité. C’est ainsi que Mr. S.M, un ex gendarme, qui habite une maison depuis 20 ans est envailli par l’eau de pluie. Selon lui et son fils : « ces inondation sont causées par la construction de nouvelles routes mal étudiées, qui sont plus hautes que les maisons ». SM, qui exprimait sa préoccupation a affirmé que « les autorités devraient leur amener des citernes pour leur pomper ces eaux au lieu de s’occuper uniquement de l’assainissement des routes pour les riches en les abandonnant à leur sort ». « Nous sommes très préoccupés, car ce n’est pas sain de manger et de dormir avec cette eau au tour de nous >> ajoutera-t-il.
Quand a Madame KS, une locataire, qui habite une autre maison avec sa famille, a affirmé qu’elle ne peut pas déménager par faute de moyen et qu’elle est obligé de rester sur place malgré que leurs chambres soient aussi inonder.
Au cours de cette rencontre avec les populations, nous apprenons que beaucoup de personnes, ont déménagé malgré eux, surtout ceux qui ont plus de moyens et de chances à trouver des maisons dans des zones moins touchés.
Une vieille femme témoigne « les eaux nous ont chassées de la maison dans laquelle, j’ai vus mes enfants grandir pendant des années, mais j’ai surtout eu de la chance qu’ils soient là pour m’aider ».
Le marché de sebkha peu peuplé
A quelque kilomètre du marché du cinquième arrondissement communément plus connu « Marché Euf », l’eau est devenue très noire est puante d’où la nécessité d’avoir une paire de botte pour les courses. On constate la présence d’un camion et d’un chargeur, qui essaye d’enterrer l’eau mais en vain.
On remarque également, la rareté des clients et vendeurs. Et surtout un découragement chez les commerçants qui voient leur revenu baisser, à cause du manque de client ; Dans la partie appelée marché ‘’Thieub-thieub’’ la plus part des tables sont vides et emprisonnées par les eaux. « On n’a pas vendu depuis la dernière tombée des pluies » affiche un vendeur d’accessoires pour homme.
Et pourtant certains ne baissent pas les bras. Certains effectuent des réparations dans leur boutique, et d’autres cotissent pour pomper les eaux. « Les gens m’ont payé 500000 UM pour évacuer l’eau dans cette partie du marché » déclare ce propriétaire de camion citerne.
Embouteillage et inondation, quand les charretiers et les vendeurs de bottes s’en mettent pleines les poches
La route qui sépare les quartiers de Cinquième et de Kouva, appellé aussi le virage de l’hôtel ikrama est devenu la seule route praticable dans cette zone depuis la dernière pluie pour les voitures qui vont à El Mina ; Basra ; capital ; à la mer … provoquant ainsi des embouteillages le matin et le soir à ce niveau. Un vrai casse tète pour les travailleurs qui ont même du mal à trouver un taxi.
Et ceux qui réussiront à en trouver ne seront pas ramener jusqu’à chez eux, mais descendront au bord de la route : les taximan craignent pour leurs voitures. De là un problème se pose pour les marcheurs.
On est allé voir une localité de Kouva où les eaux ont gagné totalement les passages. Ainsi donc pour dans cette localité, pour rejoindre leurs domiciles les passants ont le choix entre prendre la charrette à 200, 300 ou 400 Um, un prix parfois indiscutable, comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres ou bien se munir d’une paire de botte dont le prix a doublé à 1300 ou 1500um.
FC que nous avons rencontré de l’autre bout nous a affirmé qu’elle a payé 300um au charretier pour l’amener au bout de cette ruelle »
Salubrité et reproduction des moustiques
Les eaux emprisonnent les dépôts d’ordure dans les quartiers ce qui rend difficile leur accès aux balayeurs et aux voitures de pizzorno, favorisant ainsi la multiplication des moustiques et causant des maladies comme le paludisme, le choléra…
Face à tous ces problèmes et malgré l’effort fournis par certains jeunes des quartiers, les ONGs, et certaines bonnes volontés, la situation de la Moughataa de Sebkha reste critique, amenant les habitants à tirer la sonnette d’alarme. (À suivre)
Reportage réalisé par Oulimata Diop (Stagiaire)
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