| Mauritanie : Quelle relève pour l’administration ? |
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Les premières générations qui ont accompagné l’indépendance du pays et constitué les cadres de l’administration sont sans doute les mieux formées tant sur le plan pédagogique que moral. Autant le français que l’arabe étaient maniées avec excellence par ces cadres qu’ils soient arabisants ou francophones. C’est alors que la production était de qualité même si l’administration était insuffisamment pourvue. La génération qui a suivi (celle qui a été formée entre les années 70 et 80) était également de qualité. La majorité de ses cadres avaient fait de grandes études à l’extérieur du pays (France, Allemagne, URSS, Tunisie, Egypte, Sénégal…). Des médecins, avocats, ingénieurs, journalistes, architectes etc. rentraient alors au pays et remplaçaient progressivement la première génération. Les choses ont commencé à se gâter depuis que l’Etat mauritanien a créé son université au début des années 80. Bien que les premières générations sortantes de cette université puissent se défendre, l’enseignement improvisé et souvent inadéquat est en partie responsable de la faiblesse du niveau des générations qui en sont sorties. Quoique même au début des années 80 l’enseignement primaire et secondaire se maintenait et les lycées pourvoyaient des bacheliers d’un certain niveau. Mais insidieusement une campagne d’arabisation était lancée et vers la fin des années 80, elle connaîtra son apogée. La Mauritanie devenait plus arabe et ceux qui ne pratiquaient pas cette langue quelque peu écartés. C’est alors qu’au moment où la 2e génération de cadres se trouvait à la porte de la retraite, celle qui devait prendre le relais n’était pas au mieux préparé. Constituée à très grande majorité d’arabisants sortant de l’université deNouakchott mais également de quelques cadres francophones ou bilingues, la 3e génération souffre de plusieurs tares dont principalement le manque de niveau tant en arabe qu’en français. Conséquence l’administration fonctionne au ralenti si même parfois elle ne fait pas défaut. Certes de grandes sommes sont investies dans le budget de l’Education mais jusque-là il ne produit aucun effet et la courbe ne semble pas s’inverser. Les générations que forme l’université de Nouakchott sont loin de faire le compte et bien souvent des cadres appelés à faire valoir leur retraite sont conservés faute de remplaçants de qualité. L’administration mauritanienne souffre principalement de ce mal aujourd’hui. Il n’est pas rare de voir des cadres hauts placés qui ne peuvent même pas rédiger un rapport ou un PV de réunion. Ce manque de niveau se répercute même au niveau international où souvent nos cadres ne font pas le poids à quelque exception près. Et encore que les rares cadres de valeurs sont bien souvent marginalisés et ceux qui sont promus le sont pour des considérations autres que méritoires. L’administration mauritanienne est alors mal pourvue en cadres de niveau sans compter les autres tares qui la minent (laisser aller, corruption ; affairisme etc.). Comment alors imaginer un développement dans de telles conditions ? La médiocrité a été élevée au rang de valeur et la compétence comme un handicap. L’éducation qui avait servi de laboratoire à des idéologistes d’un autre âge s’en trouve malade aujourd’hui et c’est le pays qui en pâtit. Mauritanoix N° 71 Source : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. & cridem.org |
| Lundi, 13 Janvier 2014 11:44 |
Il n’est plus un secret que l’administration mauritanienne n’est plus ce qu’elle était il y a quelques années encore. Les compétences se font rares et le niveau de connaissances est de plus en plus faible.
En cause l’appauvrissement du système éducatif mauritanien et la forte campagne d’arabisation lancée dans le milieu des années 80. Une situation qui alarme même des partenaires au développement qui depuis un certain moment conseille l’Etat de prendre les mesures qu’il faut à défaut de compromettre le développement du pays.