| La Mauritanie, un tigre de papier |
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ce général intrépide s’était rendu à Niamey pour appeler avec le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, à unir leurs efforts contre le terrorisme. Autant de voeux pieux qui ne sont suivis d'aucun effet. Mais la posture semble fonctionner. Voici un allié sur apparemment pour les occidentaux qui veulent croire que l’armée mauritanienne, forte de ses 20000 hommes (contre 7000 pour le Mali quatre fois plus peuplé) serait un rempart contre la déferlante islamiste. L'obsession sécuritaire affichée du général Aziz, formé dans les seules casernes, est le résultat d’une triple imposture. Tout d'abord et en fait de solidarité avec ses alliés occidentaux, la Mauritanie a répondu absent lors de l’intervention Serval au Mali il ya juste un an. Pas un seul contingent n’a été envoyé pour combattre aves les Français. Trop de liens, trop de réseaux tribaux existent en effet entre les Maures qui dirigent la Mauritanie et les communautés arabes et touareg du Nord du Mali à la peau claire. Beaucoup de rejetons des grandes familles de Nouakchott ont combattu dans les rangs du Mujao, l’allié djihadiste des Algériens d’Aqmi. Pas question pour le président Aziz de mettre à mal ces alliances tribales traditionnelles, qui sont l’ossature de son pouvoir. On dit même que dans ses rèves les plus fous Aziz rève d'annexer les provinces Nord de son voisin malien. Il y a plus grave et c’est la deuxième imposture du pouvoir mauritanien. La duplicité du président Aziz est totale face aux dérives islamistes. Ce bon général plaide pour un islam tolérant face à ses amis et alliés à Paris et à Washington. Mais en interne, il laisse prospérer des imams d’inspiration salafiste financés par les régimes wahabites du Golfe , Qatar et Arabie Saoudite en tête. Récemment, Aziz vient de marteler que l’Islam était la religion de l’Etat, ce qui constitue un critère dangereux qui inscrit le pays dans une vision rétrograde des rapports de la religion et de la société. A l’inverse, l’assemblée constituante tunisienne, par exemple, qui est pourtant dominée par les Frères Musulmans vient de décider que l’Islam était la religion de la nation, mais en aucun cas la source du droit de l'Etat tunisien. Le pouvoir mauritanien n'en est pas là et caresse les valeurs passéistes et conservatrices dans le sens du poil. Plus gravement enfin, le gouvernement d’Aziz, qui joue les bons élèves face aux occidentaux, ne combat pas sérieusement les trafics de stupéfiants qui financent dans toute la région les combattants islamistes. Bien au contraire, des enregistrements rendus publics ont démontré tout récemment que dans une vie antérieure, le général Aziz avait pu participer à des trafics de fausse monnaie. Une certitude enfin, les trafiquants sont plus souvent relâchés qu’interpellés dans un pays gangrené par les trafics. La chance du régime est de bénéficier en Europe, et singulièrement en France, d'une espèce d’angle mort qui lui permet de vivre heureux, parce que caché. La faillite de l’Etat, masquée par l’omniprésence de l’armée, qui à défaut de combattre les djihadistes fait régner l'ordre intérieur, et la corruption de la classe dirigeante font de la Mauritanie un allié bien peu sur au Sahel. Pour combien de temps les occidentaux, l'ambassadeur français en Mauritanie en tête, resteront aveuglés? Ce pays est devenu un maillon faible de la lutte contre l'extrémisme. Comment le pouvoir socialiste peut-il croire qu’avec les vieux chevaux de retour de la Françafrique - le tchadien Deby, le camerounais Biya et le mauritanien Aziz-, il va installer une zone de paix et de décveloppement au cœur du Sahel ? Parmis la population, la colère monte aussi. Dans plusieurs morceaux, le trio de rap mauritanien "Ewlad Leblad" critique le pouvoir : PAR NICOLAS BEAU Source : MondAfrique
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| Mercredi, 15 Janvier 2014 09:12 |
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est sur tous les fronts, du moins quand la guerre est terminée! Quel mal ne se donne-t-il pas pour figurer dans toutes les rencontres régionales en matière de lutte contre le péril djihadiste. On l'a vu, ce lundi 13 janvier, signer un accord sur la sécurité dans la régionn avec le président malien IBK. Début décembre,