A l’occasion de la fête du 08 mars dédiée aux femmes, l’Amdh, a organisé dans la matinée du mercredi, une conférence débat dans les locaux du Fonadh avec comme thème principal : « la lutte contre les violences faites aux femmes ».
Une conférence débat organisée en partenariat avec la Coopération Espagnole, l’Union Européenne et l’ambassade d’Allemagne qui a vu la participation de Mme Marième Daddah, de Mme Fatimata M’baye, présidente de l’Amdh, de M Mamadou Sarr, SG du Fonadh, de Mme Lalla Aicha Sy, SG adjoint du Fonadh, de Boubacar Messaoud, président de SOS Escalaves, de Mme Safiètou Thiam, Coordinatrice du projet FAM ainsi que de nombreux militants de droits de l’homme. Après le discours de la présidente de l’AMDH, Mme fatimata M’baye, la conférence était animée par M Malal Guisé qui a fait un exposé sommaire sur la lutte contre les violences faites aux femmes en Mauritanie.
Conférence suivi d’un débat où les participants ont contribué d’une manière objective afin que les autorités puissent adopter des lois punissant les violences faites aux femmes. Selon Mme Daddah, le coran suffit comme outil, mais malheureusement, on n’utilise pas nos textes sacrés. Pour lutter contre les violences faites aux femmes, elle a demandé de se servir de la religion pour défendre les droits des femmes. Par contre, elle s’est insurgée contre le manque de coordination entre différents acteurs. Selon elle, la communication ne fonctionne pas en Mauritanie. La coordinatrice de la FAM, Mme Safiétou Thiam, a demandé une réforme des textes juridiques, ainsi qu’une loi incriminant les violences faites aux femmes. Boubacar Messaoud, de son coté s’est déclaré sidérée la non prise en compte pas du cas des femmes esclaves qui font partie de la majorité. Selon lui, ceux qui pratiquent l’esclavage en Mauritanie, sont ceux qui connaissent la religion. Après le débat, La coordinatrice de la FAM, Mme Safiétou Thiam a lu un communiqué qui mettait en exergue les violences faites aux femmes, ainsi que les moyens mis par l’AMDH pour secourir les femmes victimes de violences conjugales. A travers ces projets de défense, de protection et de promotion des droits humains, elle a déclaré que l’AMDH travaille à faire évoluer ces contextes sociaux, politiques et culturel qui entravent le bien être des femmes et parfois même menacent leur vie. Parmi ses programmes, Mme Thiam a cité le projet FAM (Former et Agir en Mauritanie), exécuté en consortium avec l’AFCF et SOS Esclaves, en partenariat avec l’ONG Agir Ensemble pour les droits de l’Homme. Dans ce cadre, elle explique que l’AMDH a ouvert un centre d’écoute pour écouter les femmes, les assister et les accompagner sur le plan juridique. Dialtabé Réaction de la présidente de l’Amdh, Mme Fatimata M’baye Que représente cette journée pour votre association ? Nous nous sommes mobilisés pour célébrer la journée du 8 mars. Comme à l’accoutumée nous avons voulu marquer la présence des femmes mauritaniennes qui se battent sur le terrain pour acquérir leurs droits et pour améliorer leur mode de vie, mais surtout pour exiger leur participation à tous les niveaux de prises de décision. Nous pensons aujourd’hui que la femme est un maillon de la société que nous ne pouvons pas contourner, Nous savons qu’aujourd’hui et depuis des siècles qu’il est difficile de dire à la femme, qu’elle doit rester chez elle et de s’occuper des taches ménagères. Nous avons constaté sur le terrain que les femmes deviennent des chefs de familles et des chefs de ménage. Quand le mari est au chômage, c’est la femme qui prend en charge la famille. Et quand le mari travaille, la femme est toujours présente à ses cotés. Même quand elle occupe un poste de décision au sein du gouvernement, elle n’est pas bien valorisée. C’est ce que nous voulons combattre, car nous pensons que la femme a montré qu’elle a la capacité de gérer une société, des affaires ou une politique. Nos gouvernements doivent adopter une politique cohérente qui permet de mettre en place un système égalitaire de sorte que la femme soit protégée sur toutes les lignes. Pourquoi avoir chois le thème de la violence faite aux femmes ? Nous avons choisi ce thème parce que si aujourd’hui les Nations Unis ont pris un thème central « présence et responsable de la femme à tous les échelons de la vie », nous savons qu’il y’a un obstacle qui empêche les femmes de s’épanouir et de participer convenablement à tous les échelons de la vie. Parce qu’elles subissent les violences au sein de la famille, sur la place publique et privée, sur les lieux de travail, nous pensons aujourd’hui que tous ces obstacles ne peuvent pas contribuer à l’épanouissement de la femme, et à la prise en considération des valeurs. Quelles solutions préconisez-vous pour mieux protéger les femmes contre les violences ? Nous pensons qu’il est nécessaire sinon impérieuse d’adopter une loi qui protège les femmes de toutes ces violences, mais aussi d’adopter des réformes au sein des lois qui existent déjà au niveau des pays, de sorte que dans le code pénal, on puisse apporter une sanction qui pourrait être corrective de manière à ce que les auteurs de violences qu’ils soient, femme ou homme soient sanctionnés légalement. Nous pensons que si la femme n’est pas protégée, la société n’est pas à l’abri, parce que la femme est d’abord une éducatrice. Puisqu’elle éduque, elle a aussi besoin d’être accompagné pour qu’elle puisse transmettre le savoir à ses enfants. Propos recueillis par Dialtabé
Source : Le Quotidien de Nouakchott
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