| Entre immaturité et cruauté, au secours la Centrafrique a besoin d’aide |
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Le monde est traversée par une crise sans précédente causée par l’absence d’altérité et la forte présence de l’intolérance, du refus de l’acceptation de la différence identitaire : raciale, communautaire, linguistique, géographique, religieuse… Et c’est dans le cadre de l’intolérance religieuse que s’inscrit ce texte. Notons que tout peuple qui se bat en son sein, qui s’entretue, qui se bloque, est un peuple ignorant et inconscient provoquant sa propre destruction. Et, c’est à l’image d’un tel peuple que le peuple centrafricain évolue - car en tant que frères germains, enfants d’une même nation, ils s’anéantissent. A l’heure actuelle – et depuis quelques semaines voire mois – la République Centrafricaine vit un vrai calvaire indescriptible et inimaginable causé par un terrible conflit interreligieux opposant les chrétiens aux musulmans de ce même territoire. Cette situation abominable a des répercutions néfastes qui se situent à tous les niveaux : humain, sanitaire (physique et psychique), éducatif, social, économique, politique, juridique, etc. Comment décrire les maux de cette mère – de la Centrafrique - qui a accouché des enfants sadomasochistes ? Avec quels mots les décrire ? Comment décrire la souffrance de ce peuple ? Avec quels mots les décrire ? La guerre en Centrafrique, comme tout autre ailleurs, n’a fait que faire naitre et accroitre la haine, la discorde, la peur, l’insécurité, le dégout et le désespoir dans le cœur des centrafricains de façon général. Les principales victimes de ce conflit sont surtout les musulmans qui y sont minoritaires. Ce conflit a entrainé plusieurs conséquences néfastes : de nombreux corps sans âmes éparpillés sur le sol - on dirait des mouches, insectes, tuées par de tonnes d’insecticides -, des gens qui se font tuer sans pitié des façons les plus atroces et inhumaines (attachés, frappés avec des battons, on leur jette de grosses pierres par-dessus des têtes…), des musulmans abandonnant leurs maisons et se refugiant dans des mosquées (notamment mosquée centrale de Bowar), des maisons de musulmans brulées, leurs boutiques pillées, les orphelins se multiplient, les veufs/veuves augmentent, la peur, le stress et les soucis rythment les quotidiens des gens - notamment des musulmans -, les apatrides accroissent... Ah, les apatrides ! Quand on appartient à un milieu géographique précis (y naît et y grandit) et qu'on y est chassé du jour au lendemain, où aller ? Où serions-nous mieux traités que chez nous ? Comment oublier ou tourner définitivement le dos à une terre dont ‘‘le sang’’ coule dans nos veines dans la mesure où elle est notre tout, notre élément identitaire basique ? Désormais, à quoi se référer, s’identifier ? Tout ceci n’est que le comble de la détresse, de l’immaturité, de la cruauté et de la barbarie pure de l’espère humaine – être pourtant le plus élevé de par sa raison ! Qu’est-ce qu’a la Centrafrique à s’engager dans cette guerre surtout que nous savons que toute calamité de ce genre tend vers une multiplicité de maladies, une condition hygiénique vulnérable, une crise alimentaire pointue, une malnutrition accentuée, une épidémie grandissante, un manque de médecins accru, une insécurité croissante… Aussi, cette détresse remplace les rires, la joie, la paix, le bonheur, l’amour et l’unification par les larmes, le malheur, la violence, le sang, la haine, la terreur et la scission. Les premiers sentiments, devant rythmer toute vie nationale afin qu’elle s’ouvre à la prospérité et à la gloire, deviennent méconnus par le pauvre peuple masochiste qui jouit en s’entretuant. Où est la communauté internationale ? Pourquoi n’est-elle pas assez impliquée, plus présente ? Est-ce parce que ses intérêts (économique et politique) ne sont pas de taille en Centrafrique ? Si les puissances internationales avaient fait de la Centrafrique une priorité réelle, se trouverait-elle toujours dans une telle situation ? ‘‘Humanité’’ est-elle toujours leur motif principal d’aide, d’implication ou encore d’investissement dans les pays en détresse comme la Centrafrique ? Où est l’Union Africaine dans tout ça ? Que fait-elle réellement ? Son apport est-il déterminant ? Nous africains, avons-nous déjà oublié la leçon de morale que le grand maître François Hollande a donnée au sommet de l'Elysée - sommet que, moi, j'appelle "de la honte et de humiliation africaines" - du 6 décembre quand il a déplacé, convoqué presque tout un continent (environ une cinquantaine de pays africains dont une quarantaine de chefs d'Etat présents) ? Sa phrase évidente qui, pour moi, résume tout le sommet est : "IL N'EST PAS UN SEUL CONTINENT DANS LE MONDE QUI NE PUISSE ASSURER ELLE-MEME SA PROPRE SECURITE". Evidemment, cela sous-entend sauf le pauvre et triste continent africain. D’ailleurs, l’exemple de la Centrafrique (tout comme du Congo) suffit largement pour illustrer le sous-entendu. Cette République traverse un moment plus que difficile et l'Afrique dans sa globalité est incapable d'arrêter cette fatalité en imposant un dialogue urgent, mettant en place un arsenal militaire consistant, débloquant de l’argent pour les personnes démunies... Quelle Honte !!! Où sont les pays musulmans ? Que font-ils réellement, concrètement ? Où estl’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) ? Pourquoi n’est-elle pas assez engagée ou ne se fait-elle pas assez entendre comme cela a été le cas, par exemple, en septembre 2011 quand la Somalie était entre la sécheresse, la famine et la guerre civile ? Quand je demande les pays musulmans, ce n’est pour qu’ils aillent faire la guerre contre les chrétiens centrafricains, car ce serait mettre l’huile sur le feu, mais pour qu’ils aident leurs frères musulmans, à ce qui ne reste, à quitter la Centrafrique (pour ceux qui le souhaitent), en leur fournissant des denrées alimentaires, une assistance médicale plus importance (médicaments et médecins), les épaulant, d’une manière ou d’une autre, en cette période nauséabonde... Ces pays musulmans pourraient même mettre la pression sur les pays alliés (influents) afin qu’ils interviennent ou qu’ils soient plus du coté d’une solution rapide afin de retrouver la paix en Centrafrique (par exemple, rien que les votes de ces pays alliés dans les décisions internationales sont non négligeables). Je reconnais que les situations - entre la Somalie (pays à presque 99% musulmans) et la Centrafrique (où les musulmans sont minoritaires) - sont différentes et que les enjeux sont plus complexes au sein de la seconde mais cela est-il une raison de délaisser ses frères en religion ? Autant plus que le Prophète (PSL) a dit que tous les musulmans sont, forment un seul corps et que quand un membre fait mal, c’est tout le corps qui le sent et le ressent. Alors, avons-nous réellement senti les douleurs du membre centrafricain ? J’aurais préféré ne pas raisonner en termes de religion car la nature humaine possède un dénominateur commun qui est l’humanité (le respect de la dignité humaine et le mépris de la cruauté) mais il a fallu, dans ce contexte, interpeller l’OCI au même degré que l’UA. Espérons que les centrafricains reviennent à la Raison, que ce génocide prenne fin dans l’immédiat, que les cœurs des enfants de cette terre soient de nouveau remplis d’amour fraternel et scellés à jamais, que le calme y revienne et que des élections libres et transparentes soient faites en février 2015 comme prévu. En tout cas, c’est mon souhait, c’est notre souhait. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : tôt ou tard, les musulmans centrafricains retourneront en Centrafrique, sur la terre de leurs aïeux. L’Identité et l’Histoire ne s’oublient pas et leurs pages ne se tournent pas et cela même pas à l’aide d’une baguette magique - aussi puissante qu’elle soit. Je finirai ce texte par rappeler que l'image donnée par l'Afrique est celle prise par elle-même et le reste du monde. Les autres continents ou pays ne nous estiment qu'à "Notre Propre Valeur Identitaire Africaine" forgée et véhiculée - malheureusement fondée sur les guerres, les coups d'Etat, la corruption, le communautarisme, l'éducation morbide voire moribonde et j'en passe.
Baye Tidiane Diagana Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Vidéos sur le conflit en Centrafrique : âmes sensibles s’abstenir : 2. https://www.facebook.com/photo.php?v=639171902827681 3. https://www.facebook.com/photo.php?v=602527409832303&set=vb.152336074851441&type=2&theater
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| Jeudi, 20 Février 2014 19:37 |
De nos jours, la guerre n’est pas un moyen, encore moins, une solution pour régler quoi que ce soit ! L’Afrique doit faire attention, prévenir afin d’éviter les guerres et quelles soient leurs natures : civile, clanique, ethnique, communautaire, religieuse, linguistique... On peut savoir quand et comment une guerre commence mais on ne sait jamais quand et comment elle finit. Autrement dit, il est plus facile de déclencher un conflit que d’y mettre fin.