| L'ECONOMIE EST LE FONDEMENT DU POLITIQUE |
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ààààààààLa semaine dernière nous avons traité du rôle des banques, de la loi de la valeurààet de sonàrefletbancaire et boursier. àIl a été question du reflet monétaire de lâactivité économique, ce terme étant général puisquâil englobe toute forme de monnaie et de crédit (1).ààCette semaine nous allons lever le voile sur la différence entre les notions de ëprixû et de ëvaleurû des marchandises.ààNous allons lever le voile également sur le phénomène de laàconcurrenceàen phase dâéconomie monopoliste globalisée et non concurrentielle (sic) ! àSocialisé et socialiste, àne pas confondre àààààààààààààQuelques correspondants éprouvent des difficultés àcomprendre la loi de la valeur, et la loi de la concurrence ëparfaiteû, surtout depuis que lâéconomie impérialiste est globalisée, mondialisée et contrôlée par dâimmenses trusts et de grandes multinationales. Certains correspondants suggèrent que depuis lâavènement de lâimpérialisme planétaire les lois économiques du capitalisme ont été chamboulées et donc que Marx est désavoué (!) àUn correspondant écrit : ëCe que jâavanceààtitre deààthèse, câest quâauàstade monopoliste avancé, la production industrielle et le marchéàdes marchandises constituent une sphère qui se trouve subordonnée àcelle dâune production déjàhautement socialisée, sinon déjàsocialiste, celle des trustsû.ààMéprise entre le mot ësocialiséû et le terme ësocialisteû que nous ne pouvons laisser passer. ëSocialiséû - signifie ici de collectiviser la production en série â àla chaîne - fordiste et tayloriste.ààCe nâest pas le sens du motààësocialisteû puisque le pouvoir dâÃtat â politique, économique â nâa jamais été accaparé par le prolétariat et tous les moyens de production, dâéchanges et de communication nâont jamais été expropriés, sans compensation, des mains des capitalistes pour être remis au pouvoir des soviets ouvriers. àDonc, aucunàsocialismeàqui tienne sousàlâimpérialisme.ààCes deux modes de production sont incompatibles et ne peuvent coexister.ààLâhégémonie de lâun entraine la disparition de lâautre et vice versa, comme nous avons pu lâobserver en URSS, devenue la Russie impérialiste. àMonopole et concurrence àààNotre correspondant poursuit : ëDans cette sphère dominante,àla situation du monopole le soustraitààlaàloi de formation de la valeur par le temps de travail, et le produit nâest plus àproprement parler uneàmarchandiseau sens classique, puisquâilàànâa plus àaffronter le marché pour trouver son prix.àLa valeur classique cède le pas àla valeur fixée par les lois du marché des capitaux (et non plus des marchandises) détachés de sa base concrète (le temps de travail).àLe monopole pompe ainsi (â¦)ààla plus-value extraite qui existe toujours au sens classique dâune part, et dâautre partàimpose des prix qui nâont plus de rapport avec la valeur réelle, que lâon ne sait plus trop où chercher, ce qui lui assure lâéquivalent dâune renteû (2). àNotre interlocuteur nous amène au cà ur de la nouvelle école dilettante bourgeoise ëmarxisanteû dontMonsieur Pikettyàest un des auteurs àsuccès auprès des impérialistes étatsuniens⦠la bourgeoisie sait reconnaitre les siens (3). ààDisons dâabord que sous le mode de production capitaliste en phase impérialiste, toute chose est susceptible de deveniràmarchandise, un enfant en adoption, une jeune fille kidnappée, une prostituée, lâeau, une plage de sable blond et la Terre mère, tout et nâimporte quoi est marchandise commercialisable. Autre caractéristique importante soulignée par Marx, une marchandise a tendance àse vendre àson prix et àsa valeur sociale moyenne, certains produits bénéficiant temporairement dâune plus-value extra alors que dâautres marchandises se vendent sous leur prix de revient et sous leur valeur sociale moyenne, jusquâàdisparaître du marché. àCes caractéristiques de fixation des prix sont àla fois le résultat et ils entraînent dialectiquement laspéculation inflationniste sur les marchés boursiersààlâaide dâune monnaie de singe (le crédit) qui un jour ësâévaporeû comme disait un banquier français (4). Si les prix fluctuent la valeur elle ne change pas. La valeur dâune marchandise est toujours déterminée par le temps de la force de travail employé àla fabriquer. àLes lois de la valeur et de fixation du prix dâune marchandise, expliquées par Marx, sont valides pour toute lâépoque duàmode de production capitaliste, y compris pour sa phase impérialiste qui nâest que son étape finale de dégénérescence, même si cela prend 200 ans àsurvenir. àLeàphénomène de monopolisationàque nous constatons présentement ne signifie pas que la concurrence ait disparue entre les grands trusts contrôlant 50%, parfois même 75% de la production mondiale dâune marchandise quelconque. Les chinois monopolisent 80% de la production des terres rares mondiales et pourtant ils ont des concurrents. àLa cartellisation - la monopolisation, qui permet àquelques grandes entreprises de sâentendre pour fixer les prix des produits, exacerbe la concurrence entre elles. Chaque membre du cartel mondial de lâaluminium, par exemple, tente de mener une OPA inamicale contre ses concurrents. Chaque compagnie signataire de lâentente trahit sa signature alors que lâencre nâest pas encore sèche. Chacun tente de sâaccaparer les marchés et subit lesàassauts des hausses de productivité de ses alliés et concurrents. Malgré lâentente de cartel, il nây a jamais de répit concurrentiel entre elles. Cette guerre de classe inter-capitalistes est menée àune échelle incommensurablement plus grande quâàlâépoque du capitalisme vagissant,ààcela sâentend. àAccumuler le capital àtravers la conquête des marchés àPire, la concurrence, non pas pour lâaccaparement des marchés de lâaluminium (pour reprendre notre exemple),àmais pour lâaccaparement des profits globaux et des capitaux généraux en circulation dans lâéconomie. Cette concurrence est exacerbée entre les trusts, les cartels, les monopoles de chaque secteur de production et entre tous les secteurs de production-commercialisation. Dans notre exemple, la marchandise aluminium nâest que le prétexte â lâobjet â de la fabrication de plus-value et de son accaparement-accumulation, pour un investissementàprofitable et un nouveau cycle de reproduction élargie.àLes salaires et les conditions deààtravail et les conditions de vie des fondeurs dâalumine ne font pas partie des préoccupations de ceux qui font circuler cet argent-capital pour la reproduire, sinon pour en réduire lâimpact sur les profits. àFondamentalement, lâobjectif de développement du capitalisme nâest pas de produire des biens àmarchander, afin dâaccumuler de lâargent â dâaccaparer des marchés et dâêtre le plus grand producteur dâaluminium, dâacier, de ciment ou dâautomobile àtravers le monde. Tout ceci nâest que lâapparence des choses. àLâobjectif que poursuit le mode de production capitaliste-impérialiste, indépendamment des acteurs capitalistes qui sâactivent àson chevet, est de se reproduire en plus grand (la reproduction élargie). Pour parvenir àse reproduire de manière agrandie (élargie), le capitalisme a développé deux modalités simples et efficaces : àA)àLe travail salarié. Faire produire de la plus-value et du salaire aux ouvriers. Le premier étant accaparé par le capitaliste et le secondààétant laissé au salarié, que lâon tentera de dépouiller plus tard sur le marché de consommation par la pratique des prix inflationnistes et la dépréciation de son pouvoir dâachat. àB)àLâaccaparement privé du capitalà- de la richesse - de lâargent - de la plus-value et des profits, qui de cette façon, par phénomène dâinduction, sâaccumulent àunààpôle de lâaimant capitaliste.ààSans ce principe simple tout lâéchafaudage sâécroule. Câest lâappropriation privée (y compris par lâentremise de lâÃtat des riches) qui permet lâaccumulation et le réinvestissement et la valorisation et la reproduction élargie du capital, vulgairement appelée croissance de ëlâéconomieû et hausse du PIB. àUne immense entreprise de production dâaluminium (pour poursuivre notre exemple)àne cherche pas tant àdevenir le plus grand producteur dâaluminium sur terre mais bien plutôt àdevenir la plus grosse anode dâattraction du capital au monde. En cela, chaque entreprise monopoliste, quel que soit son domaine dâactivité, est en concurrence acharnée avec tous les autres monopoles de lâaluminium mais aussi contre ceux de lâacier, de la construction de navires, de la construction dâavions, de la production dâautomobiles, pour lâaccumulation de capital àvaloriser et àfaire fructifier en nouveau capital concentré. Une loi du capitalisme exige â réclame â induit la concentration. Alors quand ëlâéconomisteûàPikettyàsâoffusque et pleurniche àpropos de lâinéquitable répartition de la richesse socialeààil expose ainsi sa totale ignorance de lâéconomie globale. àCâest la raison pour laquelle nous disons que lâimpérialisme câest le règne du capital roi et de la concurrence exacerbée. Câest la guerre économique totale et permanente entre les oligopoles de toutes provenances et pour toute marchandise (qui nâest que de la valeur dâusage transformée en valeur dâéchange monétarisée). àDe la nécessité de la concurrence pour assurer lâattractivité àRevenons aux allégations de notre interlocuteur qui prétend queàle règne des monopoles leurs permettraient de fixer les prix des marchandisesàau niveau qui leur plaît, ce qui rendrait obsolète la loi de la valeur élaborée par Marx. àUn monopole qui fixerait ses prix sans tenir compte de quiconque â en ignorantàààses concurrents â câest-à-dire sans tenir compte de tous les autres producteurs de tous les autres produits disponibles sur le marché mondialisé â ferait faillite ou serait absorbé (OPA) par lâun ou lâautre de ses concurrents, car il chasserait de la sorte tout le capital quâil cherche pourtant àattirer vers son électrode. Ses ventes sâamenuiseraient comme peau de chagrin, ses prix trop élevés amenant ses clients àse passer de son produit, ou àtrouver un substitut. Exemple, lâaluminium est en concurrence avec lâacier et avec les produits composites pour la fabrication des voitures. àConclusion: le système dâéconomie politique capitaliste est dans lâimpasse, non pas parce quâil aurait changé sa manière de fonctionner ; non pas parce quâil obvie ses lois de développement nécessaires ; mais simplement parce quâil y obéit aveuglément.ààContrairement aux réformistes, nous disons quâil ne peut en être autrement. Ce mode de production est caduc. Il a complété sa vie utile et il doit être remplacé par le mode de production socialiste planifié qui sera beaucoup plus performant et respectueux de lâenvironnement. ààààRobert Bibeau |
| Jeudi, 29 Mai 2014 10:02 |