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(CRIDEM)Le procès des trois femmes accusées d’exploitation de mineures s’est déroulé mercredi 13 avril a Nouakchott. Elles ont, toutes les trois, été acquittées. Ces femmes habitant le quartier Arafat de Nouakchott, avaient été dénoncées par des ONG défenseurs des droits de l’Homme (IRA, SOS Esclaves et AFCF) pour pratiques esclavagistes. Elles étaient poursuivies sur la base de l’article 04 de la loi 48/07 portant incrimination et répression des pratiques esclavagistes.
Les avocats de Fatimetou Mint Cheikh Seyidi, une des femmes acquittées, ont organisé une conférence de presse jeudi 14 avril. Me Bounene Ould Azeimine et Me Ould Imeijine était accompagné de leur cliente et de Zahra Mint Taghi. Zahra Mint Taghi est la fille qui était présumée esclave de Fatimetou Mint Cheikh Seyidi. Me Ould Azeimine Pour Me Ould Azeimine, « la Mauritanie est un pays libre ou chacun a la capacité de s’épanouir, un pays où il n’y a plus d’esclavage. » Pour lui, entre Fatimetou Mint Cheikh Seyidi et Zahra Mint Taghi, il y avait seulement un rapport de travail.» L’avocat a ajouté : « Zahra est majeure, elle a 23 ans comme l’atteste son acte de naissance. Même si elle avait 14 ans, la loi mauritanienne autorise le travail des enfants à cet âge dans certaines conditions. Me Ould Azeimine a accusé certaines organisations qui, sous prétexte de lutte contre un esclavage qui n’existe pas, « vont de dans les capitales de pays européens pour se faire de l’argent, des gens qui partent vendre la question de l’esclavage. » Pour l’avocat, le président de IRA Mauritanie, Biram Ould Dah Ould Abeid « se met au dessus de toutes les lois, de toute morale et exploite les gens a travers des voyages à Rome, en France…. » Enfin, pour Me Ould Azeimine, ce qui favorise le travail des enfants, c’est « la forte propension de certains à faire beaucoup d’enfants malgré leurs moyens limités.» Me Ould Imeijine Me Ould Imeijine s’est lui félicité de la décision de justice qui a été rendue dans cette affaire. Pour lui « cette justice n’a eu aucun complexe à dire le droit et a délibéré en toute transparence. » « Le rôle des ong est defendre les droits de l’Homme mais certaines organisations ont des desseins personnels et versent dans la propagande et la Fitna » a dit l’avocat Fatimetout Mint Cheikh Seyidi Fatimetout Mint Cheikh Seyidi, professeur de sciences naturelles de son état, était assise a coté de Zahra. Elle a fait le témoignage suivant pendant la conférence de presse. « En tant qu’éducatrice, responsable de l’avenir des enfants de toutes les communautés de la Mauritanie, j’ai été très affectée par ces accusations. J’ai passé 18 jours à la prison des femmes de Sebkha. J’ai été innocentée et je remercie Dieux. » Loi portant incrimination et répression des pratiques esclavagistes Article 4 : Quiconque réduit autrui en esclavage, ou incite à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle d’une personne à sa charge, ou sous sa tutelle, pour être réduite en esclave est puni d’un emprisonnement de cinq à dix ans et une amende de cinq cent mille ouguiyas (500.000) à un million d’ouguiyas 1.000.000 UM. Quiconque enlève un enfant pour le réduire à l’état d’esclave est puni conformément à l’article 54 de l’ordonnance n° 2005.015 du 5 décembre 2005 portant protection pénale de l’enfant. Ordonnance n°2005-015 portant protection pénale de l’enfant Article 54. - Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer un enfant est puni de dix ans à vingt ans d’emprisonnement. Toutefois, si l'enfant détenu ou séquestré est libéré volontairement avant le septième jour accompli depuis celui de son appréhension, la peine est de trois ans d'emprisonnement et de 200.000 à 400 000 ouguiyas d'amende. La même sanction est applicable à la traite, au transfert forcé, à la substitution, à la mise en gage et à la servitude d'enfant. Khalilou Diagana pour Cridem |
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Vendredi, 15 Avril 2011 16:12 |