| Succès diplomatiques du Président Mohamed Ould Abdel Aziz |
Le comité de l'Union Africaine (UA) sur la Libye a réitéré dimanche à Nouakchott son appel à "la cessation immédiate de toutes les hostilités" et évoqué une "période transitoire" pour l'adoption de réformes dans ce pays, théâtre d'une insurrection depuis mi-février.
Ce comité, aussi dit "panel" est composé des présidents de Mauritanie, d’Afrique du Sud, du Congo, du Mali et de l’Ouganda. Les présidents Amadou Toumani Touré du Mali, Denis Sassou Nguesso du Congo et Jacob Zuma d'Afrique du Sud ont fait le voyage de Nouakchott tandis que l’ougandais Yoweri Museveni a été représenté par son ministre des affaires étrangères Henry Oryem Okello. "Nous avons bon espoir que cette démarche permette d'amorcer un dialogue constructif pour une solution politique négociée de cette crise, garantissant la réalisation des aspirations légitimes du peuple libyen à la préservation de son unité et à la mise en place d'institutions démocratiques fiables et librement choisies", a déclaré le président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui préside le panel. Il a affirmé que la feuille de route de l'UA adoptée en mars, avant une première tentative avortée de visite en Libye, demeurait en vigueur. Dans le cadre de cette feuille de route, a-t-il dit, "l'assistance humanitaire aux victimes, la protection effective des populations civiles et l'instauration d'un cessez-le-feu immédiat, crédible et durable, devront être instaurées". "A cette fin, un mécanisme de contrôle et de suivi de l'application de ces mesures doit être mis en place avec le maximum de diligence et de célérité pour instaurer un climat de confiance indispensable à l'ouverture du dialogue inclusif inter-libyen", a-t-il poursuivi, en espérant "rencontrer auprès des parties libyennes la compréhension et l'adhésion à la démarche" du comité motivé "par le seul souci de faire prévaloir la raison et faire taire les armes". Mohamed Ould Abdel Aziz s'est par ailleurs inquiété des conséquences de la situation en Libye. Le conflit provoque "une prolifération, à très grande échelle, d'armes incontrôlées de toutes sortes (...). Ceci constitue une menace particulièrement préoccupante pour la sécurité et la stabilité des pays du Maghreb, de la zone sahélo-saharienne, du continent africain tout entier et, partant, de la paix dans le monde", a-t-il déclaré. Avant l'ouverture de la réunion, le président mauritanien a reçu un message porté par l'ambassadeur britannique en Mauritanie (avec résidence au Maroc), Timothy Morris. En Mauritanie, les succès diplomatiques du Président Aziz ont été salués par la quasi-totalité des partis politiques. Pour Mohamed Ould El kory, responsable de la Commission Politique de l’Union Pour la République (UPR) « les réussites diplomatiques du Président Aziz honorent tous les Mauritaniens. Notre pays devient un acteur majeur de la haute diplomatie africaine. Concernant la Libye, nous avons un devoir de solidarité avec des hommes et des femmes engagés dans l'épreuve d'une lutte juste pour plus de démocratie et de liberté. Mais nous n’avons pas souscrit à la destruction de la Libye. Notre Président est respecté par les différents protagonistes et quand tout le monde plaide la solution politique en Libye, un détours par Nouakchott devient nécessaire » précise Mohamed Ould El kory. En effet, sous le feu des critiques de ceux qui dénoncent une volonté de dépecer la Libye, l’OTAN décrète depuis quelques jours un silence des armes. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé qu’il n’y avait «pas de solution militaire» au conflit en Libye. Dans une interview au magazine allemand Der Spiegel, à paraître ce lundi, le boss de l’Alliance atlantique a estimé qu’il fallait une «solution politique». Une déclaration qui risque de froisser les plans de certains pays occidentaux, notamment la France et le Royaume-Uni, qui sont sur le pied de guerre depuis quelque temps et qui évoquent sans ambages la possibilité d’armer les rebelles libyens. A la question de savoir s’il était possible de gagner cette guerre sans envoyer des troupes au sol, M. Rasmussen a répondu : «La réponse sincère à cette question, c’est qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit. Nous avons besoin d’une solution politique, et c’est l’affaire du peuple libyen d’œuvrer en ce sens.» Il reste à savoir si cette «réponse sincère» du patron de l’OTAN ne cacherait pas une autre réponse, qui arrangerait la stratégie des grandes puissances engagées dans ce conflit. En décodé, Rasmussen semble se laver les mains d’un éventuel engagement sur le terrain contre le régime de Mouammar El Kadhafi, du moins au nom de l’Alliance qu’il dirige. Ou alors exprime-t-il un sentiment largement partagé au sein de l’OTAN, à savoir qu’il faudrait laisser les Libyens se débrouiller seuls, quitte à maintenir Mouammar El Kadhafi. Il est évident que les craintes des pays de la région, de la Ligue arabe et de l’Union africaine d’un probable scénario de partition de la Libye ne sont pas étrangères à ce repli de l’OTAN. Rasmussen résume bien ce sentiment : «L’intégralité territoriale de la Libye doit à tout prix être maintenue.» Et comme pour rassurer ceux qui crient au complot, le boss de l’Alliance rassure : «En ce qui concerne l’OTAN, nous nous concentrons sur la mise en œuvre de la résolution 1973 de l’ONU qui ordonne de protéger les civils libyens, et nous allons nous en tenir strictement à cette résolution, c’est notre mandat.» Mauritanie 24 (avec AFP) |
| Vendredi, 15 Avril 2011 21:52 |
Le comité de l'Union Africaine (UA) sur la Libye a réitéré dimanche à Nouakchott son appel à "la cessation immédiate de toutes les hostilités" et évoqué une "période transitoire" pour l'adoption de réformes dans ce pays, théâtre d'une insurrection depuis mi-février.