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Les activités de la Journée mondiale de la liberté de presse ont commencé mardi à Nouakchott sous le thème "Mutations des médias et nouveaux défis".
Dans un son discours d'ouverture, le ministre de la communication et des relations avec le Parlement, Me. Hamdi Ould Mahjoub, a indiqué que cet évènement "offre l'opportunité de réfléchir, de débattre et d'analyser avec lucidité tous les problèmes relatifs à la liberté de presse et à la déontologie". Il s'agit également, a-t-il expliqué, d'une "journée de solidarité et de mémoire permettant de rappeler les principes de la liberté de presse et les engagements y afférents".
Le ministre a souligné que "la liberté de presse reste une préoccupation majeure et la garantie essentielle du respect des autres droits, en particulier ceux relatifs à la liberté d'expression, d'organisation et de réunion".
"Plus la liberté de presse se développe, plus se renforcent la transparence, la bonne gouvernance et la justice", a-t-il ajouté, considérant qu'une "presse libre peut, en outre, contribuer à la lutte contre la pauvreté" dès lors que "les médias excluent souvent les franges défavorisées; ce qui perpétue davantage la situation de pauvreté".
Et de souligner que pour "sortir de cet état, la solution consiste à informer les pauvres sur leurs droits et à les rendre outillés pour les défendre".
"Comment concevoir une démocratie réelle sans l'exercice effectif de la liberté de presse?
Comment concevoir une société démocratique si la presse ne contribue pas au contrôle des affaires publiques, à la protection des droits de l'homme et à l'expression plurielle des idées et opinions?", s'est interrogé Me. Hamdi Ould Mahjoub.
Il a expliqué qu'une "véritable liberté de presse reste tributaire de l'indépendance qui en est le gage et l'arme efficace pour se prémunir contre les multiples pesanteurs sociales et trafics d'influence de tous ordres".
Pour lui, "les journalistes, hommes et femmes, doivent prendre conscience de ce défi pour pouvoir le relever, quelle que soit l'ampleur des sacrifices".
Le ministre a rappelé avoir affirmé, "à maintes occasions, que le pays a besoin d'avoir une presse indépendante, plurielle, honnête et capable d'affronter les défis; notre conviction est que la presse est à la fois un droit et une responsabilité; ce qui demande avant tout le respect de la réglementation en vigueur régissant l'éthique et la déontologie, la protection de la dignité et de la vie privée des individus et rejetant toute forme de violence morale ou matérielle".
Il a également affirmé "l'attachement des pouvoirs publics à la liberté de presse en tant que droit inaliénable du citoyen et la volonté du gouvernement, sous l'impulsion du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz de défendre et préserver cette liberté".
Il a aussi exprimé la fierté de la "bonne place" qu'occupe la Mauritanie "parmi les nations les plus respectueuses de la liberté de presse", faisant remarquer que "depuis la formation du gouvernement, intervenue après l'élection présidentielle du 18 juillet 2009, pas un journaliste n'a été inquiété dans l'exercice de son métier, ni un journal censuré".
Me. Hamdi Ould Mahjoub a aussi dit que son département "oeuvre inlassablement à la restructuration et à la réorganisation du secteur médiatique, en concertation avec tous les acteurs et opérateurs, à travers l'application des dispositions relatives à la carte de presse, à l'encouragement du professionnalisme et au renforcement des capacités des journalistes et des techniciens".
Il a rappelé dans ce cadre la création d'une Radio du Saint Coran et de plusieurs stations régionales dans les capitales des Wilaya, en plus de l'ouverture aux divers talents et aux organisations professionnelles, sans parler de la mise en oeuvre très prochaine d'une loi, déjà promulguée, sur la communication audiovisuelle.
"Notre arsenal juridique s'est enrichi, cette année, d'une loi relative à l'aide publique à la presse privée et d'une loi sur la presse électronique", a-t-il ajouté, avant d'expliquer que toutes ces mesures permettront "de réorganiser le secteur et de redynamiser son rôle primordial, en perspective des nouvelles opportunités et des vastes horizons d'ouverture".
Le ministre a rappelé aux journalistes qu'ils "ne pourront jouer pleinement ce rôle qu'en application des règles de l'éthique et de la déontologie et des seules valeurs de vérité, de fidélité et de précision".
"Vous êtes appelés, aujourd'hui, en particulier, à composer avec cette réalité, loin de toute forme de dérapage par rapport à ces règles; ce qu'il n'est pas rare de constater çà et là dans le but de porter préjudice à vos objectifs et à votre noble mission", a-t-il lancé à leur adresse.
Il a souligné que "le thème choisi cette année pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de presse pose la problématique très sensible des Mutations des médias et nouveaux défis".
"Cela nécessite de notre part de participer efficacement, dans un esprit de patriotisme, aux différents ateliers organisés, qui déboucheront sur des idées constructives, résultat de la concertation et du débat fructueux", a conclu le ministre de la communication et des relations avec le Parlement.
De son côté, la représentante résidente du PNUD en Mauritanie, Mme Coumba Mar Gadio, a indiqué que la liberté de la presse est l'un des outils les plus efficaces pour créer un climat de confiance avec l'opinion publique.
Elle a renouvelé la disponibilité de l'ONU à appuyer les efforts du Gouvernement mauritanien et des organisations de presse visant à développer et à redynamiser les performances de la presse mauritanienne.
La Journée a été aussi marquée par des communications sur la situation et les perspectives de la presse en Mauritanie.
Une exposition de journaux paraissant dans notre pays a été également organisée par le Regroupement de la presse mauritanienne.
La cérémonie a eu lieu en présence du ministre de la justice, du conseiller du Président de la République chargé de la communication, du président de la Cour suprême et du procureur général près la Cour suprême, du président de la Haute autorité de la presse et de l'audiovisuel (HAPA), du président de la Commission nationale des droits de l'homme, du secrétaire général du ministère de la communication et des relations avec le Parlement et du commissaire adjoint aux droits de l'homme, à l'action humanitaire et aux relations avec la société civile.
AMi
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