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 Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi n'est pas disposé à quitter son pays malgré les bombardements de l'Otan et son isolement croisssant, a indiqué mardi la présidence sud-africaine au lendemain d'une visite du chef de l'Etat Jacob Zuma à Tripoli.
Lors d'une rencontre entre les deux hommes, le colonel Kadhafi a insisté sur le fait qu'il n'était pas disposé à quitter son pays, malgré les difficultés, selon un communiqué de la présidence.
Le déplacement du président sud-africain a coïncidé avec une intensification des frappes de l'Otan, qui cherche à porter un coup fatal au régime libyen.
Il a également suivi la défection vendredi de la Russie, allié traditionnel de Tripoli, qui s'est rangé aux côtés des Occidentaux réclamant le départ du colonel Kadhafi.
Dans ce contexte, la visite de Jacob Zuma devait servir à discuter d'une stratégie de sortie pour Mouammar Kadhafi, avait indiqué à l'AFP deux sources anonymes au sein de la présidence.
Il n'y a jamais rien eu de tel à l'ordre du jour, a toutefois assuré mardi le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Clayson Monyela.
Les deux hommes ont en fait discuté d'une feuille de route établie par l'UA, qui prévoit un cessez-le-feu, l'arrêt des bombardements de l'Otan et une période de transition conduisant à des élections démocratiques.
Comme lors d'une précédente visite de Jacob Zuma à Tripoli, le 10 avril, la feuille de route a été soutenue par Mouammar Kadhafi.
Mais elle est pour l'instant rejetée par la rébellion, qui refuse de dialoguer tant que le Guide de la révolution sera au pouvoir.
Malgré cet apparent blocage, le président Zuma est satisfait des progrès accomplis, ont indiqué ses services, en se félicitant du soutien apportée à la feuille de route par Mouammar Kadhafi.
Le Colonel Kadhafi a redit qu'il soutenait un cessez-le-feu et un dialogue, a rapporté la présidence sud-africaine.
Dans le même ordre d'idée, Pretoria a demandé un cessez-le-feu immédiat et vérifiable pour permettre d'engager des négociations. Seul un dialogue entre toutes les parties libyennes permettra de trouver une solution durable, a déclaré le président Zuma, cité dans le communiqué.
Le président Sud-Africain a également demandé à l'Otan de respecter le rôle de médiateur de l'UA. La veille, il avait estimé que le fait d'avoir à demander la permission de l'Otan pour se rendre en Libye sapait) l'intégrité de l'Union africaine.
Inspirée des révoltes en Tunisie et en Egypte, une insurrection armée s'est déclenchée en février en Libye pour réclamer le départ du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. Son régime a riposté par une répression féroce.
Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui a autorisé l'usage de la force pour protéger les civils libyens. La coalition menée par l'Otan a reconnu depuis vouloir précipiter la chute du leader libyen.
L'Afrique du Sud, membre non permanent du conseil de sécurité, avait voté en faveur de la résolution, avant de regretter la manière dont elle est mise en oeuvre.
La ministre des Affaires étrangères Nkoana-Mashabane a de nouveau justifié ce choix mardi. L'Afrique du Sud n'a pas voté pour le changement de régime, a-t-elle redit lors d'un point de presse.
(©AFP)
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