| Guerre contre AQMI : Bataille pour Wagadu |
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Wagadu, ce nom évoque pour nous l’Histoire, avec un grand H. c’est en effet le nom du premier empire à s’être constitué sur une terre africaine de la zone. Il évoque aussi la poésie du récit épique de Sia Yatébéré, offerte en sacrifice au dieu-serpent Wagadu-Bida, et qui se voit sauvée par son amoureux, le guerrier Mamadi qui dut couper les sept têtes du serpent pour accomplir son destin. C’est ce nom de Wagadu que porte une forêt du Mali. A une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Mauritanie, côté Façala Niéré. C’est ici que les combattants de AQMI ont choisi d’établir leurs bases avancées destinées à attaquer la Mauritanie sans avoir à faire une longue et périlleuse route à partir du désert malien. On parle de cette option depuis quelques semaines. On sait aussi qu’une grande partie des combattants se sont établis ici. Il y a peu, le ministre malien des affaires étrangères, Soumeylou Boubeye Maïga affirmait que l’Algérie, Mauritanie, Mali et Niger venaient «de lancer le ratissage de la forêt de Wagadu, aux confins du Mali et de la Mauritanie» et qu’il s’agit pour les quatre pays «de constituer à l'horizon de la fin 2012 une force de 25.000 à 75.000 hommes, toutes spécialités confondues: gendarmerie, police, douanes et justice». Et de préciser: «Entendons-nous bien: l'objectif n'est pas de faire du Sahel une zone de guerre permanente, mais bien au contraire une zone sécurisée pour l'activité économique et les actions de développement. Chacun sait que les retards en la matière préparent un terreau favorable aux trafics illégaux, qu'il s'agisse de drogue, d'armes ou de terrorisme. L'espace saharo-sahélien est devenu une région stratégique majeure. En route pour l'Europe, les flux de cocaïne venus d'Amérique latine y croisent les flux d'héroïne venus d'Afghanistan. La frontière sud du Vieux continent n'est plus l'Afrique du Nord, mais le Sahel.» (Interview parue à l’Express du 14/6) Cette déclaration faisait suite à la réunion, à Bamako, le 20 mai dernier, des ministres des affaires étrangères de la région (Mauritanie, Mali, Niger et Algérie). Réunion au cours de laquelle il a été décidé de créer une force commune pour faire face à toutes les menaces de crimes organisés, y compris le terrorisme. C’est donc sans surprise que l’Armée mauritanienne est passée à l’action vendredi dernier dans cette forêt. Appuyées par la partie malienne, trois unités d’élite mauritanienne ont attaqué les repaires supposés abriter les groupes de terroristes. La surprise pour l’Armée mauritanienne a été à deux niveaux. Au niveau de l’existence de champs de mines placés par les terroristes sur les principales voies d’accès de la forêt. Au niveau aussi de l’armement de ces terroristes qui avaient désormais la défense anti-aérienne. Ce qui a limité l’action de l’aviation et ralenti le mouvement des unités mauritaniennes. Se contentant, des heures durant, de pilonner les positions des salafistes jihadistes, les nôtres ont pu détruire une partie de l’arsenal (surtout explosif) des terroristes, tuant au passage au moins 22 éléments du groupe armé. Commencera alors la phase des poursuites dans et en dehors de la forêt. Quelques accrochages étaient signalés samedi encore non loin de la frontière mauritanienne. Mais la déroute de AQMI est certaine. Côté mauritanien, on déplorerait deux morts et six blessés. Aucun communiqué ou information – officiel ou officieux – n’a été publié jusqu’à dimanche matin. Mais tout indique que l’Armée mauritanienne a remporté une grande victoire sur l’organisation terroriste dont de nombreux éléments seraient morts. La victoire, c’est surtout d’avoir empêché l’établissement de bases terroristes aussi près de nos frontières. Ce qui aurait permis à AQMI de frapper rapidement et de se retirer facilement de notre territoire. Il reste qu’aucune information ne fait état de la mort ou de la capture de l’un des chefs militaires du groupe. Il est vrai cependant que les chefs algériens du groupe évitent, tant qu’ils peuvent, de se mettre à l’avant-garde des combats. Ce qui les a préservés jusqu’à présent. Mais dans une attaque aussi précise, peut-on penser que Bellawar, Abu Ammar ou Abu Al Hammam ont été touchés ? Probable. MFO Source : La Tribune N°555 du 27 juin 2011 |
| Mardi, 28 Juin 2011 16:32 |
