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Entretien avec Mansour Ndiaye, Président du Mouvement Doole Yakhar au Sénégal |
Notre site Essirage.net, l’a rencontré à l’hôtel chinguity Palace, lors de sa visite en Mauritanie. Malgré son emploi de temps trop chargé, il nous a accordé cet entretien que nous vous livrons.
Essirage.net : le conseil constitutionnel au Sénégal a validé vendredi la candidature de Maitre Abdoulaye Wade et a rejeté certaines candidatures telles que celle du chanteur Youssou Ndour. Quel est votre avis par rapport à cet acte qui a suscité beaucoup des réactions et également des manifestations violentes ?
Mansour Ndiaye : Cela fait un an qu’il ya plusieurs discussions autour de la candidature de Abdoulaye Wade. Nous avons tous été unanimes à dire que cette candidature est inconstitutionnelle et devrait être irrecevable par le conseil constitutionnel. Avant de quitter le Sénégal, nous avons eu une rencontre au niveau de la conférence des leaders de Beno Siggi Sénégal, qu’on vient de rejoindre et nous avons tous été unanimes, que cette candidature ne devait pas passer. Et aujourd’hui je crois que de façon vaillante le peuple sénégalais est entrain de dire NON dans le cadre du Mouvement M23, dont nous sommes également membres. Tous les leaders politiques, tous les candidats à l’élection présidentielle sont d’accord et unanimes que cette candidature ne va pas passer. Abdoulaye Wade ne doit pas ouvrir une porte dans l’avenir pour permettre à d’autres personnes de briguer trois mandats au Sénégal. Et je crois que lui-même l’avait dit et aujourd’hui on ne se laissera pas distraire par l’interprétation de cette loi. Je crois que tous le peuple sénégalais à l’unanimité n’approuvent pas ce forcing qu’il est entrain de faire. Ne serais ce que du point de vue pratique, on a vu Abdoulaye Wade lors de son message de fin d’année, on l’a vu lors de plusieurs meetings du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Sa santé n’est pas meilleure. Il est très vieux, très âgé. Et je ne pense pas qu’aujourd’hui le Sénégal ait besoin d’un président qui a plus de quatre vingt cinq ans. Je crois fondamentalement à cette relève, à ce renouvellement, à cette aspiration à la démocratie sénégalaise qu’Abdoulaye Wade, effectivement devrait avoir une sortie honorable par rapport à la marche du pays. C’est un fait qui est là, nous avons tous en tant que leaders de l’opposition appeler à une résistance du peuple. Une résistance passive car nous ne prônons pas la violence, mais nous ne nous laisserons pas faire également par cette forfaiture de Abdoulaye Wade. Essirage.net : pourquoi vous avez décidé de soutenir un candidat de Beno sigguil ? Est-ce-que c’est un choix stratégique pour bouter Wade au cas où il se présenterait ? Mansour Ndiaye : Il y’a plusieurs scénarios. C’est qu’aujourd’hui le sentiment le plus partagé au sein du peuple Sénégalais c’est que les sénégalais sont très fatigués de ce pouvoir libéral qui est là, en place presque plus de dix ans. Alors respectant cela, nous avons décidé de nous mettre dans une coalition, qui reflète en fait une certaine diversité. Et je crois que Benno sigguil Sénégal, depuis les assises nationales respecte cette diversité des partis politiques, de la société civile et des personnalités du pays. Et Benno sigguil Sénégal est également le fruit d’une concertation très large de toutes les différentes franges des populations même ceux qui ne sont pas avec Benno sigguil, ont participé effectivement à l’émergence de cette réflexion stratégique pour le pays. L’ensemble de ses acteurs sont d’accord sur un consensus, qui devrait permettre au Sénégal de réussir cette transition. C’est un choix stratégique, qui nous a motivés à choisir ce camp de la diversité. Nous ne renforçons pas une institution, un parti politique, ou des personnalités mais nous sommes un ensemble d’acteurs, ayant choisis un chef, un capitaine d’équipe qui est Moustapha Niass, et qui doit conduire cette coalitions jusqu’à l victoire. Et lui-même s’est engagé à n’assurer qu’un seul mandat de cinq ans. Je crois que cela met tout le monde à l’aise. Cela met tous les groupes, tous les partis, toutes les organisations de la société civile qui sont dans Benno sigguil Sénégal, pour continuer leur cheminement pour permettre à la démocratie sénégalaise de respirer. Le deuxième élément c’est qu’il y’a plus de flexibilité dans Beno siggu Sénégal. Nous avons discuté sous la direction du professeur Abdoulaye Bathily sur la question programmatique. Donc il y’a beaucoup de similitudes en terme de promotion de la bonne gouvernance, en terme de défi majeur que le prochaines gouvernement devrait relever par rapport à la question de la pauvreté, l’accès à l’eau, à l’électricité etc. sur beaucoup des questions urgentes tel que la pauvreté, l’emplois de jeunes en chômage. Des questions qui se reflétaient dans le discours de notre mouvement "Doole Yakhar": l’état de délabrement de notre politique agricole, la question lancinante de la Casamance. Nous avons discuté autour de ces différentes questions et en plus de cela également Benno a accepté sept points fondamentaux de notre discours au sein du mouvement "Doole Yakhar". C’est la promotion d’une réglementation autour de la finance islamique, qui permettrait la diversification du secteur financier. C’est aujourd’hui comment éviter les bons impayés du paysan. C’est également un certain nombre d’éléments qui tournent autour de l’articulation entre la formation et l’emploi des jeunes. Qui tournent autour de la résorption du taux de chômage, qui est extrêmement élevé dans notre pays. Qui tournent également autour de la question de la Casamance, de l’artisanat et de la charte culturelle dans notre pays. Nous avons signé un protocole qui met tout le monde à l’aise. Je crois qu’ils se sont engagés également à faite de telle sorte, que le mouvement "Doole Yakhar" et ses différents responsables intègrent toutes les structures de campagne. Et comme on l’a résumé nous allons nous battre ensemble et nous allons gérer ensemble.
Essirage.net : comment les populations sénégalais aperçoivent la troisième voie que vous prônez à travers vos discours pendant vos différentes tournées au Sénégal ? Mansour Ndiaye : Cette voie est la voie de l’espoir. Je crois que pendant huit mois nous avons étaient sur le terrain. Nous avons discuté avec les populations. Nous avons réduit cette distance qui séparait les leaders politiques des populations. Et ça c’est extrêmement important. Nous avons fait preuve d’humilité devant ces populations, nous avons été à l’écoute de leurs problèmes et nous avons relayé également ces différents problèmes à travers les medias nationaux ou bien internationaux. Dans certains villages on nous souligne que nom de village est aujourd’hui dans la presse. Et cela est un fait extrêmement important. Alors nous avons travaillé en toute humilité avec toutes ces populations, qui nous ont fait confiance. Ce sont des jeunes, des femmes, des organisations de producteurs de paysans, des organisations islamiques et également des leaders reconnus comme Cheikh Tidiane Tall de la famille Omarienne, qui nous a manifesté un soutien aux vu et au su de tout le monde. Je crois qu’aujourd’hui, quel que soit notre ralliement au Benno sigguil Sénégal, nous allons continuer à préserver l’unité du mouvement "Doole Yakhar". Le mouvement "Doole Yakhar" est entrain de mener une réflexion pour voir comment battre campagne avec Benno sigguil Sénégal et également comment préserver le travail sur le terrain. Aujourd’hui comme je l’ai dit, cette voie, qui est la troisième voie, est en train de se dessiner. C’est le respect également que Benno siggilu Sénégal nous accorde. Car ils ont su ce que nous étions en train de faire sur le terrain, que ce n’est pas une organisation avec une coquille vide. Mais une organisation qui est bien implanté partout au Sénégal notamment dans le Walo, dans le Fouta, dans différentes régions du Sénégal, et qui continue également de préserver son unité et de travailler également pour qu’un majeur puisse intervenir au Sénégal. Essirage.net : parlons des printemps Arabe. Votre candidature serait-elle une inspiration de ce printemps arabe où beaucoup de Partis islamiques ont pu accéder à certain pouvoir de décision ? D’autant que nous avons vu à travers la presse, le Mouvement Doole Yakhar" envoyer des délégations par exemple au Maroc avec le PJD et en Mauritanie surtout avec le parti Tawassoul?
Mansour Ndiaye: je crois qu’il y’a des influences majeurs dans le monde. Ça veut dire que ce qui se passe un peu partout dans le monde influe également d’une manière ou d’une autre sur nos réalités quotidiennes. Ce qui s’est passé en Tunisie, au Maroc, ne nous laisse pas indifférents. Aujourd’hui, pratiquement dans tous les pays du monde, il y a des vents d’espoir qui sont en train de souffler. Je crois que dans nos pays également c’est ce qu’il faut bâtir d’une façon audacieuse et de façon courageuse. Parce qu’aujourd’hui cette expression se retrouve au niveau de la population Sénégalaise. Moi-même j’ai eu à constater qu’il y’a beaucoup de gens, qui avaient laissé la politique parce qu’ils disaient que « les politiques ont échoué », que « Cette façon de faire la politique n’est pas bonne ». Alors l’idée centrale c’est de faire revenir tous ces gens dans la gestion des affaires. Je crois que cette migration de la périphérie vers le centre lorsqu’elle se réalisera se fera nécessairement dans un élan d’espoir de construction national et également de participation à la citoyenneté et à tous ce qui se fait au niveau du pays. Je crois que ce qui s’est passé dans ces pays est extrêmement positif. Et aujourd’hui également après cinquante ans, je crois que les sénégalais ont tellement souffert de la mal gouvernance, ils ont tellement souffert de l’ensemble de cette gap qui existe entre les dirigeants et le peuple. Ils veulent un autre type de leadership, qui puisse effectivement s’équilibrer par rapport à la gestion du pays. Et ils l’ont exprimé d’une façon très forte. Aujourd’hui c’est ce vent qui souffle sur le Sénégal. Il y’a beaucoup de chose, il y a de cela deux ou trois ans, on ne pouvait pas imaginer cela au Sénégal. Mais je crois que ces pays nous ont inspirés et continuent à le faire avec surtout le mouvement M23 où l’ensemble de la classe politique s’est réuni, où les jeunes, les phénomènes de «Ya n’en MARRE», aujourd’hui défendent bec et ongle leur patrie et de façon conséquente. Alors ce que nous disons, nous continuons effectivement à garder espoir. Nous continuons également à apprendre des autres. A travailler dans une dynamique ouverte. A Capitaliser l’expérience de ces pays comme le Maroc, la Turquie, où des gens effectivement se disent islamistes. L’autre élément c’est que le Sénégal est un pays qui est majoritairement musulman. Donc le discours islamiste n’y est pas rejeté. C’est la raison pour laquelle, nous sommes au centre dans le cadre du discours modéré, qui intègre les minorités, qui respecte les valeurs de la république et qui permet de promouvoir tous les mécanismes qui sont défendus par ses spiritualités que ce soit la religion musulmans ou bien des valeurs que l’on retrouve dans la religions chrétienne. Alors c’est le chemin de la construction et je crois, que ces pays nous inspirent beaucoup en termes d’expérience et en termes d’activités par rapport à l’avenir également de ce que nous sommes entrain de faire.
Essirage.net : en dehors de votre candidature, vous êtes connu comme un expert en finance islamique, vous avez visitez beaucoup de pays, qui se sont inspirés de votre expérience. Pour le Sénégal où est ce qu’on en est avec la finance islamique ? Mansour Ndiaye : je crois que c’est un point essentiel. Pas simplement pour notre pays mais pour la zone UEMOA. Nous avons intégré cela dans le premier alinéa du protocole que nous avons signé avec Benno sigguil Sénégal parce que c’est important. Du point de vue pratique cela permet un peu la diversification du secteur financier. Aujourd’hui quand on parle de la question du chômage, il y a la question du financement qui est derrière. Et la finance islamique propose un certains nombre de solutions qui pourraient être valable. Elle garantit aux jeunes et aux femmes d’accéder à des financements. Récemment j’ai participé à une étude de la banque mondiale pour le Sénégal sur la protection des consommateurs en service financier et je crois que l’écart est terrible. Puisque dans les relations entre les institutions financières et les clients, il y’a un grand déséquilibre en faveur des institutions financières. Les clients sont lésés du point de vue des relations qu’ils ont avec les institutions. Et en cela en promouvant une finance utile et responsable, la finance islamique a également sa place. Le troisième élément c’est que la finance islamique est un marché potentiel, qui peut servir de levier de développement pour nos pays, qui sont pauvres. La finance islamique aujourd’hui par le truchement de certains produits qui sont bien calibrés pourrait être un puissant levier de lutte surtout contre la pauvreté. Et le dernier élément c’est que cette finance islamique aujourd’hui doit trouver son encrage dans une population qui est majoritairement musulmane et même chrétienne parce que la religion chrétienne a également interdit la pratique de l’usure. Cette usure est aujourd’hui un élément d’appauvrissement de nos populations. En terme de valeur ajouté, de création de richesses, aujourd’hui il n y a pas des activités qui puissent combler un peu tous ce surcroit, qui pèse aujourd’hui sur le citoyen sénégalais. Et je crois de ce point de vu, aujourd’hui c’est une voie sur. Des pays comme le Togo l’ont autorisée et ont commencé à travailler de façon sérieuse et il n y a pas de raison que le Sénégalais qui est à 97% musulman, je parle souvent de communauté de foi, chrétienne et musulmane, ne puissent adopter ces valeurs, ne puisent pas disposer d’une réglementation en bonne et du forme au tour de la finance islamique. Voire des institutions financières islamiques au sens propre du terme. Essirage.net : votre dernier mot Mansour Ndiaye: Alors, notre dernier mot c’est que nous continuons à avoir l’espoir, nous continuons à garder l’espoir. Je crois que malgré tout ce qui se passe au pays, le Sénégal est un grand peuple. Et ce grand peuple relèvera, je crois le défi par rapport à ce qui est en train de se passer. Aujourd’hui cette volonté du changement du peuple doit être respectée par tous les amis, tous les voisins du Sénégal. Et je crois que c’est la voix d’apaisement. Et nous appelons également l’ensemble des institutions sécuritaires, que ce soit la police ou l’armée à plus de retenu pour éviter des grandes catastrophes autour de ces manifestations. Et Je crois que les pays avec lesquels nous entretenons des relations séculaires et apaisées, doivent suivre de manière très rapproché la situation dans notre pays et soutenir dans le sens du respect de l’état de droit et de la justice et surtout de la volonté populaire. Entretien réalisé par Oumar Amadou M’baye |
Mardi, 31 Janvier 2012 11:31 |