Cinq questions à Khalli Diallo, initiateur de la marmite du partage |
C’est dans ce sens qu’en 2012, avec un groupe de jeune, il initia la marmite du partage. Une marmite de cœur, qui a beaucoup contribué à atténuer la souffrance des milliers de familles pauvres dans les quartiers périphériques. Nous l’avons rencontré chez lui, où il a voulu nous accordé cette interview dimensionnelle. Qu’il en soit remercié.
Essirage.net : Monsieur Khaly Diallo, vous êtes journaliste, militant des droits de l’homme et comme acteur de la Société Civile, vous êtes l’initiateur de la Marmite du Partage… Qu’est ce qui vous a motivé à créer la Marmite du Partage ?
Khaly Diallo : Tout d’abord, permettez moi de vous remercier et à travers votre personne, remercier votre organe de presse Essirage.net et c’est un honneur pour moi d’être interviewer dans cet organe. Moi, ce qui m’a poussé à créer la marmite du partage, c’est d’abord l’expérience vécu à l’extérieur de mon pays, au niveau de la France, du Sénégal, quelques pays africain et européens, que j’ai eu à visiter. Mais c’est surtout par rapport à ma personne car j’ai grandi dans une famille française, où on ma tous donner. Et je pense qu’aujourd’hui je suis redevable envers ceux qui sont dans le besoin et qui ont besoin de notre soutien, de notre sincérité. Sinon on nous a donné l’ascenseur, en contre partie on doit rendre l’ascenseur à ceux qui en ont besoin. Donc c’est dans cette optique là, qui quand je suis rentré en Mauritanie, il y’a deux ans, j’avais décidé de lancer la marmite du partage. Mais d’abord elle a été un projet de réflexion durant des années avec des amis et des parents proches. On en a discuter et parler avec tout le monde et voir ce qu’on pouvait faire. Parce que quelques part aussi on est journaliste et peu être qu’on a des contacts. On est animateur et présentateur de spectacle, on a peut être une petite célébrité avec des organisations, des artistes. Donc prendre tous ces jeunes, ces adultes, ces contacts et en faire un réseau pour aider des gens, qui sont là, à quelques mètre de nos maisons. Nous on a tout à la maison. On boit, on mange et on peut aller travailler demain. Alors qu’il ya des gens, qui pendant que nous on pense à payer un passeport à cent Mille ouguiyas, pendant qu’on pense à acheter une voiture ou une maison, eux sont dans une baraque ou sous un hangar. La poussière passe de partout et ils sont entrain de calculer le repas du matin, de midi et du soir. Ils ne pensent pas au développement, ni aux belles maisons mais plutôt à se nourrir pour pouvoir bien se porter. Ce sont ses gens là que moi j’appelle les «oubliés de la société». Malheureusement l’inégalité c’est la force des hommes. Car se sont les hommes, qui créent les inégalités entre eux. Mais je pense qu’il faut se rappeler ces gens là; malgré tous ce qu’on a dans notre vie. Il faut comprendre que demain nous rendrons compte de notre vie de terrien. Et le fait d’être parmi les hommes et de voir certain souffrir et ne pas agir c’est contribuer à leur souffrance, à l’ampleur de leur souffrance. Voila un peu et en quelques mots pourquoi nous avons lancé la marmite du partage avec des jeunes bénévoles, des femmes, des mamans, des oncles, des tantes, des ainés et jeunes frères. Et ca permet à cette jeunesse de canaliser son énergie surtout parce que ca nous permet de décompresser la jeunesse mauritanienne. Il y’a quelques temps en Mauritanie, personne n’imaginait voir un jeune connu dans le milieu. Un jeune qui travaille, qui a un diplôme et qui se met devant une banque, ou dans un marché et qui est entrain de demander de l’aumône pour pouvoir le prendre à sa façon et d’aller dans les quartiers pauvres et cuisiner pour donner. Ca nous permet à nous en tant que jeune de comprendre que ce qui arrive à ces gens là, peut arriver à n’importe qui, ca nous pousse surtout à développer nos aptitudes de modestie. Voila surtout le pourquoi de la création de la marmite du partage.
Essirage.net : Selon quels moyens travaillez-vous et quelles sont vos réalisations ?
Khaly Diallo : bien c’est souvent des moyens de bord, c’est surtout de connaissance en connaissance, des recommandations des personnes, qui voient que la cause est noble et qu’elle s’inscrit avec nous dans cette dynamique. Il y’a d’autres qui voient quand nous postons nos images, nos films ou nos vidéos sur Cridem ou d’autres sites électroniques, dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Quand ils voient les preuves que ces jeunes sont entrain de faire, et qui ne le font pas pour une turelure ou un gagne pain alors ces gens là finissent par nous contacter et nous disent nous voulons faire Fi Sabilillah (en vue de Dieu) et nous ne voulons pas que vous souligner nos noms. On a toujours envie de dire aux gens qui veulent aider et qui ont perdu confiance en les organisations, qu’il ya au moins quelques organisations qui sont encore là et qui sont très crédibles. Mais aussi on a développé un autre mécanisme qu’on appelle «les collectes». On a organisé une commission de collectes des jeunes, qui descendent avec des teeshirts avec les insignes de la marmite, et qui vont dans les marcher, devant les banques, dans la rue, interpeller le mauritanien. Pourquoi ? Beaucoup de gens nous disent que ce n’est pas quelques choses de viable. Mais il faut que les gens arrivent à comprendre que le fait d’interpeller le mauritanien c’est quelques chose de très important. Parce que le mauritanien est naturellement bon. Parce que aujourd’hui El Hamdoulilah Rabil Alamin on a une seule que chose qu’on a en commun c’est cet islam là, qui nous oblige à assister les gens, qui sont dans le besoin. Donc quand on interpelle le mauritanien, il voit nos actions en même temps à la télé. Il nous entend à la radio et voit nos photos, nos images. Là ils sont plus aptes et mieux préparer à vouloir faire quelques chose. Parce que ses gens ont perdu quelque part confiance en les organisations qu’ils voient comme des fantômes à qui ils donnaient et au finish ils ne voyaient pas de résultats. Mais maintenant qu’ils voient les résultats, maintenant qu’eux même se rendent compte que quand même ils ne contribuent pas, nous ont fais quelque chose avec nos petits moyens dont on dispose, ils finissent par s’inscrire avec nous dans cette logique. Et au passage je remercierai nos partenaires, par ce qu’on a des banques qui nous soutiennent, on a Tijari BanK, OraBank, l’Ambassade des Etats Unis à Nouakchott, qui nous a soutenu l’année dernière. On a également la Communauté Urbaine de Nouakchott, qui nous a beaucoup soutenues. Il y’a des gens qui aide et que je connais personnellement et qui ne veulent pas être cité. Il ya des gens qui font des dons en nature et d’autres qui font des dons en espèces. Nous, notre objectif ce n’est pas de viser l’argent. Celui qui ne peut pas donner de l’argent peut donner du riz, ou du lait, ou de la viande. Il y’a d’autres, qui amènent leur voiture aussi et surtout des jeunes de la marmite, qui assure le coté logistique. Donc c’est vraiment un esprit de solidarité et c’est le vrai sens du partage, qui y a au sein de la marmite du partage. Et on se dirige vers notre troisième édition marmite de partage, et on est passé de 2000 repas à cinq milles repas. De cinq mille repas à quinze milles repas. On a fait plus de 2500 repas L’année passé pour la deuxième édition on a distribué 15000 repas. Et cette année si on arrive à faire plus de quinze milles repas ca sera superbe. Pourquoi ne pas faire Cent milles repas. Tout dépendra de la volonté de Dieu et surtout ceux dont on disposera inchallah.
Essirage.net : Vous-vous êtes engagé aux côtés de proches de Penda Sogué, une jeune femme de 20 ans en état de grossesse de deux mois, violée et assassinée, ainsi qu’aux côtés de parents de la fillette de 6 ans Khadjy Touré, elle aussi assassinée après avoir été violée. Vous avez également soutenu la famille Guèye, dont les membres ont péri suite à l’explosion d’une bonbonne de gaz chez eux le jour de la tabaski. Pouvez-vous revenir sur ces 3 tragédies et leurs suites ?
Khaly Diallo : Oui, tous ça s’inscrit dans la modeste contribution qu’on essai d’apporter dans notre pays. Il faut d’abord comprendre pourquoi, nous le faisons. Moi je pense que vivre dans sa maison, vivre pour soit avec ses enfants, sa femme, avoir une voiture, vivre pour le «moi» c’est la chose la plus facile au monde. Mais vivre pour le «Nous»!!! … l’Islam Allah n’a jamais dit «toi» Allah dit toujours «Vous». Il a parlé toujours d’ensemble et on ne peut pas se dissocier de cet ensemble là. Et c’est par là que c’est passer le cas de Penda Sogué. Le cas est toujours entre les mains de la justice. On attendait le retour de maitre Fatimata Mbaye du centre Afrique. Maitre fatimata est là et je pense que la justice ne va tarder à reprogrammer le procès inchallah. Et pour le cas de la petite défunte khadji Touré, qu’Allah élève son âme au paradis, c’est d’abord une nièce, parce que c’est la nièce d’un ami. Et en même tant aussi, le cas nous avait touchés. Les gens voient peut être quelque part que nous on essai de bouger, de faire quelques choses et ils font appel à nous quand ils sont en détresse. Et nous malgré notre maigre moyen on a au moins notre faculté mentale, notre faculté énergétique dont on dispose, que dieu nous a donné. Donc nous aussi on essai de les mettre en contact. Il y’a aussi un problème, c’est que les populations souvent ne savent pas à qui s’adresser ou comment s’adresser à une organisation pour pouvoir être aidé. Les gens pensent que tous est financé alors qu’il y a des braves gens avec un grand « H » comme Maitre Fatimata Mbaye, Aminetou Mint Mokhtar, Boubakar Messaoud, Zeinabou Mint Taleb, Lala Aicha, kadjata Malik dialo etc.. Ils sont nombreux machallah !!!. Donc ces gens là, nous ont essai de les mettre devant les faits en tant qu’ancien député ou en tant qu’avocat, présidente d’ONGs ou d’associations. Donc ces gens là, nous collaborons. Quand les cas nous dépassent et que ça nécessitent des avocats on fait appel à l’AMDH par le biais de Fatimata Mbaye, qui répond toujours à l’appel. Et pour le cas de la famille Gueye aussi, c’est la famille d’un ami à moi, Thiam, qui le jour de la fête m’a appelé et ma dit que ça fête n’était pas bonne puisqu’il ya sa famille qui a péris et qui a été victime d’un feu etc. Pour moi c’était un petit truc et quand je suis arrivé à l’hôpital, mais quand je suis arrivé, quand je les ai vu coucher sur le lit tous bandé, j’avais mon téléphone Samsung en main j’ai dit au gens tout de suite on fait une vidéo et on fait appel aux bonnes volontés et en même tant aussi il faut le médiatiser pour l’Etat mauritanien, à travers le ministère de la famille et de l’action sociale puisse prendre ses responsabilités. Donc ces gens là, ont finis par accepter de les évacuer au Maroc. Mais après ca ne s’arrêtait pas qu’à l’évacuation puisqu’il y a eu des hommes de dieu, des jeunes qui sont fiers d’être musulman mais qui sont aussi fière d’être mauritanien, qui ont répondit à l’appel. Mais comme j’ai dit, il ya souvent des gens qui veulent aide et qui aident mais en anonymes. Il y’a une très grande personne que je ne peux pas citer, qui nous a beaucoup soutenu au Maroc. Il ya la diaspora mauritanienne aussi aux Etats Unis, en France et partout qui s’est mobilisé. Et je pense que c’est comme ca, malgré tous ce qui s’est passé pouvoir au moins essayer avec la volonté de Dieu de sauver quelques choses. Et je pense que nos efforts n’ont pas été vains. Puisqu’en le faisant même si il y a eu des gens qui ont péri, il ya eu au moins une jeune fille très jeunes qui a survécu et aujourd’hui quand je la vois chaque fois je suis très heureux. Parce que je me dis au moins notre vie elle va servir à quelques choses. Parce qu’une vie ne sert à rien si on ne fait rien pour les autres, mais elle sert à quelques chose quand on décide de faire quelques chose pour les autres. Ce que nous sommes entraine de faire on le fait pas pour le plaisir ou les beaux yeux de quelqu’un, mais on le fait parce qu’on est convaincu. On le fait aussi par ce qu’on cherche une bénédiction divine. C’est surtout ça qui nous anime à faire le bien. Parce que entre homme et homme on peu pas se payer mais entre homme et homme on peut se soutenir. Après c’est dieu qui sait qu’est ce qui est réellement dans le cœur de la personne qui la fait pour être récompenser. Et prions dieu Inchallah pour qu’il nous récompense tous. Et je sais qu’une seule chose est sur et certaine, Dieu va toujours nous assister tant que nous sommes honnête dans ce que nous faisons.
Essirage.net : Parmi les questions de l’heure en Mauritanie, celle de la cohabitation soulevée par les FLAM, le problème de l’enrôlement, cheval de bataille des mouvements Touche Pas à Ma Nationalité et le dialogue politique revendiqué par une partie de la classe politique sans oublier le rôle des jeunes…Quelle analyse faites-vous de ces préoccupations ?
Khaly Diallo : ces préoccupations politiques sont légitimes, parce que ces sont les politiques, qui dessine entre guillemet le développement d’un peuple. Et nous malheureusement il ya une partie du peuple, qui dort par analphabétisme, par ignorance mais il y a une autre partie du peuple, qui se bat pour l’égalité et la justice. Et moi je ne fais pas de la politique, mais je reste convaincu d’une chose que dans ce pays là, que la division du pays en deux (le nord et le sud) ne sera jamais la solution. Et si on laisse faire ces solutions, ça sera de la lâcheté pour moi. Ça s’est ma position claire et sans équivoque. Maintenant qu’il y a de l’injustice, qu’il y a du racisme, qu’il y a de l’esclavage ça c’est une réalité ferme et claire. Et je pense que si nous ne faisons pas de la démagogie et que nous osons dire les choses telles qu’elles sont ce pays là il ya beaucoup de choses qui ne vont pas et il faudra je pense les régler et se battre pour que les choses changent de façon positif. Maintenant le combat ce n’est pas un combat contre les blancs ou être les noirs et les blancs. Non, c’est un combat de justice, d’égalité. C’est un combat pour la justice générale. Parce que le fait de combattre contre le maure ou le fait de combattre contre le noir, ce n’est pas de la justice. Il faudra remplacer ce mécanisme, ce système d’injustice qui existe par un système de justice, qui va prendre tout le monde en compte que ça soit le pauvre, le riche, l’intellectuel, l’analphabète, l’ignorant etc. Je pense que c’est ce combat là en tout cas que la jeunesse mauritanienne doit toujours mener ? Par rapport à la question de l’enrôlement, peut être que les gens essaient de mettre les charrues avant les bœufs mais il ya une réalité qui est là et qui est claire. Aujourd’hui, je le dit haut et fort et sans appartenance ou étiquettes politiques que l’enrôlement est discriminatoire. Je donne un exemple aujourd’hui sur lequel je suis le cas de Racine Dia surnommé RJ, un jeune rappeur mauritanien, qui est pourtant bien recensé dans le nouveau système biométrique, qui a sa pièces d’identité rose, qui est partie payer sa quittance pour son passeport et on voit au niveau de a centrale qui s’occupe des registres et des titres sécurisés on lui avait refusé la production de son passeport. Et cela a duré une année cinq mois. Donc si quelqu’un vient de l’autre coté me dire «oui, l’enrôlement il n’y a pas de problème» moi je ne peux pas y croire, parce que j’ai des preuves, qui font que je ne peux pas y croire. J’inviterais plus les autorités à savoir que s’ils mettent en place et continue de défendre cette mise en place discriminatoire entre deux poids et deux mesures, entre deux peuples, ils vont demain vieillir et ils vont rendre des comptes à la société mais ils vont mourir et vont rendre des compte devant le seigneur. Et là seule chose qu’ils doivent faire c’est de raffermir la justice et l’égalité entre tous les mauritaniens. S’il n’y a pas de justice entre les mauritaniens, si le noir voit que le maure est favorisé ou le maure voit que le noir est favorisé, demain on ne peut pas parler de pays, on ne peut pas parler de développement, on ne peut pas parler de durabilité. Parce que pour qu’il y ait tous ses ensembles là, il faut qu’il y ait la paix et la paix mauritanienne passe obligatoirement par la cohésion sociale. Et cette cohésion sociale ne pourra exister qu’à condition que nous nous asseyons tous au tour de la même table, et nous parlons le même langage et prenons des décisions peut être que nos ainées n’ont pas osé faire. Mais il faut reconnaitre aussi qu’il ya des progrès, que les choses avances. Tout n’est pas négatif dans ce pays là. Je suis désolé moi je ne suis pas de ceux qui tombent dans le dénie. Il ya des choses qui sont positives. Et je donne un exemple, il ya dix ans, ou quinze ans aucun mauritanien à part peut être ceux qui ont été tué il y’a 21 ans ou 22 ans, les négros mauritaniens, qui ont été exterminé peut être à l’exception prés quelques hommes, qui parlaient mais aujourd’hui c’est tout un peuple qui réclame une justice pour tous. Donc il ya une évolution dans la mentalité mauritanienne. Maintenant par rapport au dialogue politique, c’est de la politique. Moi la politique mauritanien aujourd’hui, je ne suis pas fiers d’elle. Parce que il ya beaucoup de manquement, mais il faut aussi reconnaitre qu’il ya des hommes politiques qui essaient d’apporter leur pierres à l’édifice, qui essaient de développer la Mauritanie. Mais moi je pense que la solution politique mauritanienne doit passer par les civiles et pas par la voie militaire. Ça c’est personnel ? On est née et grandit sous les militaires, on réfléchit sous les militaires, je crois qu’à même qu’il faut qu’eux aussi essaient de laisser la place au civiles pour que ces derniers puissent exprimer leurs talents et leurs volontés de changer la donne. Par rapport au point de la jeunesse, malheureusement c’est la population majoritaire de ce pays mais c’est la population marginalisée, négligée et oubliée. C’est une vérité claire et nette. La jeunesse aujourd’hui est victime du système, des politiques, de l’économie. Quand on a un taux de chômage qui frôle entre 32 et 42% de jeunes diplômés chômeurs, c’est une catastrophe pour le pays comme la Mauritanie, qui regorge de toutes les potentialités et qui pouvaient permettre à toute cette jeunesse de travailler. Mais ce qui est claire et nette, c’est que l’Etat à lui seul ne peut pas absorber la demande d’emplois. Aucun pays africain aujourd’hui, je dirais même aucun pays au monde ne peut à lui seul, par sa politique gouvernementale ne peut absorber la question du chômage. En France, au Etat unis, il ya des chômeurs donc partout il ya des chômeurs. Maintenant il faut qu’il y ait d’abord une volonté politique pour que la question de l’emploi des jeunes puisse voir son sens. Elle est liée à la décision et cette décision est politique. Si le pouvoir facilitait par exemple l’insertion, l’entreprenariat des jeunes etc. Il faut réfléchir avec les jeunes. Mais il ne faut pas réfléchir avec les jeunes comme on la fait lors de la rencontre avec le président où je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas à deux mois des élections qu’on peut dire qu’on va inviter les jeunes, qu’on va parler avec les jeunes. Malgré que je respect l’idée. L’idée est très bonne mais pourquoi elle n’a jamais été faite depuis six ans. Pourquoi c’est à la veuille des élections, qu’elle se fasse et pourquoi sur des critères de sélections que cette rencontre à été faite. La Mauritanie n’est pas composée de 400 jeunes, elle est composée de plus de deux ou un million cinq cent milles. Aujourd’hui la population est jeune et il faut trouver un autre mécanisme par lequel les rencontrer. Mais au passage, je félicite les jeunes qui ont eu l’idée de le faire mais ais je pense à la dernière munîtes l’idée a échappé au jeunes qui ont pensé à la mettre en évidence. Mais je ne condamne pas et je ne dis pas que tout ce qui a été fait est négatif. Mais moi j’ai vue plus un marquage, une publicité politique. Sincèrement la politique mauritanienne je ne dirais jamais qu’elle ne m’intéresse pas. Parce qu’en Mauritanie tout est liée à la politique. Peut être que moi je ne suis pas apte aujourd’hui à faire la politique, peut être que je ne suis pas prêt à la faire mais il ya d’autres jeunes, qui peuvent faire la politique. Il ya n’en même qui font la politique mais ils n’ont cas laisser la politique politicienne et faire la politique citoyenne. Tant qu’on ne pratique pas la politique citoyenne et qu’on va dans la politique du dénie et du discours, il n’y aura jamais de développement. Alors que le développement passe obligatoirement par une politique citoyenne où chaque politicien quand il va dire des choses il va au moins tenir ses promesses pour les 95%. Mais s’il nous dit des choses et ne tient même pas les 5% de sa promesse, je pense ca devient de la politique politicienne ou politique machiavélique. Donc moi en tout cas j’inviterais les jeunes au passage aussi à ne pas dormir, parce qu’il ne faut pas dire tous simplement oui c’est l’état, c’est l’Etat… et au finish nous aussi en tant que jeunes, on ne doit pas rester les bras croisés. Quelques soit les difficultés il faut se battre pour se frayer un chemin aussi petit soit il au moins on aurait fait un effort. Parce que dieu n’aide que celui qui fournit d’effort. Moi je le dit souvent à mes frères et camarades jeunes que ce n’est pas dans une maison, au tour d’un thé et qu’on critique quelques choses qui ne va pas que c’est ca qui va changer la donne. Non, ce qui changera la donne, c’est quand on va s’investir, c’est quand on voudra changer nous même notre propre situation. Et cela passe nécessairement et obligatoirement par notre prise de conscience et notre engagement. Je pense qu’aujourd’hui, les jeunes mauritaniens ont beaucoup de chose à prouver avec leurs études, leurs expériences, avec plein de choses et ne pas toujours dire aussi que c’est seulement les jeunes qui ont fait l’université. Il ya des jeunes qui ont fait la menuiserie, des mécaniciens, des jeunes charretiers. Ces gens là font partie de l’élite des jeunes et il faut leur trouver des solutions. Il ne faut pas toujours réfléchir en tant que diplômé mais il faut réfléchir en tant qu’intellectuelle. Parce que pour moi l’intellectuelle ce n’est pas seulement celui qui est assis sur les bancs mais c’est celui qui porte le combat. C’est celui qui porte la voix de ceux n’arrivent pas à se faire entendre dans le milieu dans lequel lui se trouve. Voila un peu ma définition de la chose.
Essirage.net : votre dernier mot ou recommandations Khaly Diallo : Mon dernier mot dans l’interview oui, parce que je continuerais toujours à dénoncer à encourager et à recommander. Moi, la seule recommandation que j’ai, va directement vers l’ensemble des responsables aussi bien de l’opposition que du parti au pouvoir, toute la classe politique qu’ils arrivent au moins à trouver un accord pour sauver ce pays. Qu’ils ne réfléchissent pas en terme personnel, en termes d’intérêt de parti, mais qu’ils réfléchissent surtout en termes d’intérêt du peuple. Quelques soit ce qu’on leur dira de négatives, aujourd’hui ils font partie de ceux régissent la vie mauritanienne administrative, politique et socio-économique. Donc quelque part ces gens là on ne peut pas leur dire tous ce que vous faites est mauvais, mais ils doivent désamorcer cette problématique pour pouvoir aboutir à une paix des cœurs et une paix pour les mauritaniens. Bannissons l’esclavage que notre Etat prenne sa responsabilité et que nous arrivons à solutionner ces injustices, ces inégalités. Œuvrons pour que les réfugiés mauritaniens qui sont rentrés au pays arrivent a bien se lotir et entre en possession de tous leur droit ce qui n’est pas encore le cas pour ces mauritaniens qui ont passé la moitié de leur vie à l’extérieur comme déportés et aujourd’hui ils vivent réfugiés dans leur propre pays cela me désole. Et l’autre recommandation c’est à l’ensemble de la jeunesse mauritanienne. Je dirais à la jeunesse mauritanienne de se réveiller, malgré qu’elle soit débout mais elle doit encore mieux le rester et elle ne doit surtout pas passer sur le chemin le plus petit mais prendre s’il le faut le chemin le plus long dans l’honnêteté et la sincérité pour arriver à bâtir une nation. On dit souvent en tant que jeune que nos ainés n’ont rien fait mais nous oublions qu’en tant que jeune qui faisons le bilan de nos ainés nous sommes appelé à avoir des enfants, à fonder des foyers à laisser nos progénitures ici, qui seront d’autres générations. Donc ces jeunes, qui vont arriver, nos enfants qui vont venir eux aussi nous jugeront comme nous l’avons fait avec nos parents. Si on donne dix à nos parents, on doit faire attention que nos enfants ne nous donnent pas zero.si on trouve une situation on la critique mais il faut qu’on bâtisse quelques choses pour que l’autre génération qui va arriver, elle aussi va pouvoir faire sa propre analyse de la situation des générations intermédiaires. Ca c’est quelques de très important qu’on oublie souvent et je vous remercie et vous encourage de nouveau.
Essirage.net : Merci infiniment Entretien réalisé par Oumar Amadou M’baye |
Jeudi, 01 Mai 2014 15:20 |