Vol de voiture: Un phénomène qui devient routinier |
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Heureusement, cela reste encore limité à Nouakchott et ses environs immédiats. Les statistiques du Commissariats spécial de la voie publique estiment le nombre de voitures volées par vingt-quatre heures à quinze. Non récupérées dans les jours qui suivent, elles ont été réduites en pièces détachées, pour revente au détail, sinon bien repeintes et dotées de fausses plaques, voire de faux papiers, pour quitter la ville. Première catégorie de voleurs, de jeunes hommes qui ne s’emparent des voitures d’autrui que pour des besoins très ponctuels : randonnées galantes avec des jeunes filles, pour de longues ballades variablement romantiques, ou transport de marchandises volées vers quelque quartier périphérique. En général, ces voleurs abandonnent très vite leur véhicule d’emprunt. Le second groupe est constitué de professionnels, engagés par des garagistes pour récupérer des voitures ciblées, comme les Mercedes 190, dont les pièces détachées sont très convoitées. Dès la nuit suivant le larcin, les véhicules sont charcutés, pour écouler leurs pièces au plus vite. Certains de ces gredins sont de vraies célébrités, comme El Vervar qui croupit actuellement en prison, après avoir été pris en flagrant délit au volant de la voiture qu’il venait de voler. Les policiers avaient trouvé, dans la malle arrière, un moteur neuf qu’il voulait monter, à la place de celui du véhicule. Les quartiers Legueïla, Leghreïgua, Elevage et Mellah sont connus pour être de fréquents lieux où l’on démonte discrètement les voitures volées dont les pièces sont, le plus souvent, écoulées au marché Nahara, à El Mina. On peut, ainsi, acheter, sans le savoir, les pièces de sa propre bagnole… La troisième catégorie est constituée de voleurs en liaison avec des tôliers et peintres carrossiers. Sitôt dérobée, la voiture est rendue méconnaissable : autre couleur, housses changées, fausse plaque numérologique et le tour est joué ! Le tristement célèbre « Moïssa Châssis », qui vient de sortir de prison, doit son surnom à sa capacité à souder un nouveau numéro de châssis sur toute voiture volée, beaucoup plus facile à revendre, en tel maquillage, au Sénégal ou au Mali, généralement. Certaines ne quittent même pas le pays et serviront de taxis dans des villes éloignées, comme Néma, Kiffa ou Aïoun… On trouve, en certains commissariats de police de Nouakchott, de ces véhicules, récupérés lors de l’arrestation des voleurs, qu’aucun propriétaire n’a pu reconnaître, tant importants sont les changements qu’elles ont subis. Il arrive, rarement hélas, que les victimes aient plus de chance. Un cadre du ministère de l’Education en a connu, voici quelques années, une assez exceptionnelle. Sa Toyota Corolla avait été volée, en fort piteux état, avec sa plaque SG car elle était réformée. Le nouvel acquéreur dépensa une somme conséquente pour la retaper ; pas assez, cependant, pour empêcher un ancien et attentif de ses chauffeurs de la reconnaître, alors qu’elle était garée en ville. Après enquête, la police put interpeller le voleur et le chanceux cadre récupérer sa voiture, en bien meilleur état qu’au moment du vol…
source:http://www.lecalame.info |
Mercredi, 25 Septembre 2013 14:32 |